vendredi 23 avril 2021

Tu mourras à 20 ans

La dernière fois, j'ai écrit sur le film "Scent of My Daughter". Cette fois, présentons le deuxième film "Tu mourras à 20 ans".

L'intrigue est très simple. Lors de la naissance du héros Muzamil, le cheikh du village dit à sa mère: "Ce bébé mourra à 20 ans." En sanglotant, elle retourne à la maison avec son bébé. Le père de Muzamil va travailler dans un pays étranger. Muzamil mène une vie quotidienne comme un mort, sa mère lui interdit d'aller à l'école et l'enferme dans la maison. De plus, elle porte toujours le costume funéraire. Le destin de Muzamil est très connu parmi les villageois. Un imam recommande à sa mère qu'il apprenne le Coran jusqu'à sa mort. Il réussit à le réciter parfaitement. Il a grandi. Il fait un petit boulot dans un magazin pour aider les finances de la famille. Un jour, son patron lui demande de livrer une bouteille de vodka à Sliman qui a une mauvaise réputation. 

Dès lors, Musamil et Sliman bavardent petit à petit. Autrefois, Sliman s'est disputé avec son père, il a vagabondé dans le monde. Sliman lui montre parfois des pellicules en 16mm qu'il a tournés et quelques archives des films anciens. Cela apporte à Musamil un nouveau monde. Graduellement, Musamil apprécie Sliman comme un père. Sliman lui dit :"Essaie de commettre un pêché". Après la mort de Sliman, Musamil arrive à sa dernière nuit de ses 19 ans, il obéit à la parole de Sliman, il pêche. Et après, en pensant à ne pas s'éveiller pour toujours, il s'endort. Le lendemain matin, il s'éveille et se grise de la joie. La prédiction du cheikh est ratée. Il court de toutes ses forces au bord de la voie ferrée. C'est la fin.

"Tu mourras à 20 ans" et "Scent of My Daughter" ont été passés dans le cadre du programme du festival de films islamiques. Un Japonais Fujimoto Takayuki a fondé ce festival en 2015. On peut voir des films islamiques rares au Japon grâce à lui.

À l'issue de la projection de "Tu mourras à 20 ans", Monsieur Fujimoto a brièvement expliqué l'arrière plan social de ce film soudanais. Selon son explication, la scène du début où le cheikh prédit l'avenir de Musamil, et environ dix hommes portant le costume religieux vert dansent et chantent, est un rituel soufisme. Il y a des groupes soufismes au Soudan, cela m'a intéressé. Je suis inculte. Comme le soufisme des Melevis en Turquie est célèbre, je pensais que le soufisme n'existe qu'en Turquie. Ajouté à cela, le soufisme est hérétique pour l'islame. Il se mêle flexiblement à la foi folklorique et autochtone.

De plus, l'histoire de Muzamil se synchronise un peu avec celle du Soudan. C'est peut-être l'intention du réalisateur. Monsieur Fujimoto a parlé du film documentaire "Talking About Trees" qui est sorti au Japon l'année dernière. Quant à ce contenu, sous la dictature militaire, les cinéastes tournent un film, c'était un crime. Après l'effondrement de la dictature militaire, quatre cinéastes soudanais se réunissent et s'efforcent de rétablir un cinéma dans leur propre pays. Cette bande annonce m'a tenté, mais j'ai raté ce film à cause du covid-19. Je veux le voir un jour.

Personnellement, le rôle du protagoniste Sliman est très impressionnant pour moi. Parce qu'il connait la culture occidentale à travers son expérience de vagabond, mais je crois qu'il n'a pas pu s'y intégrer. Finalement, après être retourné dans son village natal, il se mit au diapason des villageois. Sa situation est toujours en suspens. Jadis, les pays africains ont été colonisés. L'existence de Sliman se superpose à la situation de tels pays qui ne parviennent pas à donner de l'élan à l'industrie et au commerce. Heureusement, j'ai pu voir ces deux films "Scent of My Daughter" et "Tu mourras à 20 ans".

dimanche 18 avril 2021

La commodité moderne

J'ai recommencé à suivre le cours de français à partir d'avril. C'est bien. Au Japon, la quatrième vague du covid-19 est en train de se répandre à cause du variant anglais. Mais, je travaille avec entrain comme d'habitude en semaine. Maintenant, j'écris cet article dans mon bureau. Le climat printanier est agréable, la somnolence me gagne de temps en temps. La cérémonie de sortie ou d'entrée a lieu dans toutes les écoles pendant le mois de mars et d'avril. La majorité des gens s'activent pour l'instant. De plus, le relais de la flamme olympique commence. Il y a beaucoup de spectateurs au bord de la rue pour le voir. La vaccination au Japon est plus tardive que dans les autres pays. Est-ce que la quatrième vague s'aggrave ? En tout cas, on ne sait pas quel est le meilleur moyen d'en finir avec cette épidémie. Même si je réfléchis à ce status quo, je ne pourrais pas trouver des solutions.

Comme toujours, j'ai vu sept films sur DVD. Je suis allée au cinéma pour voir deux films le mois dernier. Alors, présentons ces deux films. Premièrement, c'est "Scent of My Daughter". Au début de la scène, l'attentat du 14 juillet à Nice en 2016 est provoqué par un camion. Malheureusement, l'héroïne Béatrice a perdu sa fille, son mari et son père à cause de cet attentat. Elle obéit au testament de son père arménien, elle visite un village arménien qui se trouve en Turquie pour son enterrement. La désolation pèse sur elle, Béatrice essaie de se suicider dans le cimetière. À cet instant, une fille kurde Hevi est caché derrièrre un arbre se précipite sur Béatrice pour l'en empêcher. Cette fille a été arrêtée par l'État islamique et était traitée en tant qu'esclave. Et après, l'armée turque a sauvé de telles filles. Cependant, comme Hevi a entendu que sa sœur vit dans un camp de réfugiés, elle s'enfuit pour la chercher. Alors, Béatrice et Hevi se rencontrent par hasard au cimetière. Elles logent dans une auberge du village. Elles communiquent grâce à la traduction du smartphone de Béatrice. L'une et l'autre comprennent leur situation respictive tant bien que mal. 

Le lendemain, Béatrice demande en anglais à l'hôtesse de cette auberge s'il y a un bus pour le camp de réfugiés. L'hôtesse ne peut pas comprendre ce qu'elle dit. Comme son neveu Ibrahim qui habitait aux États-Unis est retourné en Turquie, il traduit en turc cette question. Ibrahim aussi, ses parents sont déja morts. L'hôtesse lui demande de les accompagner là-bas. Ces trois personnes visitent en voiture plusieurs camps de réfugiés afin de chercher la sœur d'Hevi.  Finalement, Hevi réussi à revoir sa sœur.

Ces trois personnes sont de race et de langue différente, j'ai l'impression qu'ils avaient un sentiment de perdition, et qu'ils s'efforçaient d'avoir un frêle espoir pour la vie future et se débattaient. Le génocide arménien et la persécution contre les Kurdes ne sont pas directement exprimés dans ce film. Les strates des attentats, des incidents religieux et des risques politiques s'accumulent sur la terre, cela forme la mémoire de la terre. Même si un vent violent soufflait, une pluie diluvienne tombait, cette mémoire ne disparaîtrait jamais, elle flotte sans répit dans le cœur des survivants. La majorité des Japonais comme moi qui ont grandi dans un environnement tiède ne peuvent pas tellement imaginer la situation de ces trois personnes dans le film. Je pense que cette occasion de le voir était très précieuse.

À propos, la traduction de smartphone m'a surprise. Elle est une commodité moderne. Le niveau de cette traduction a progressé sans aucun doute, et même, le nombre de langue à laquelle le smartphone correspond augmente remarquablement. Dans ces dernières années, le système de traduction par l'intelligence artificielle est pratiqué. Sa précision s'est aussi développée. Chaque fois que je vois parfois des documentaires de cambrousses dans le monde, tous les habitants utilisent le smartphone, cet outil est une infrastructure en un sens de nos jours. Il est possible que cette commodité moderne atténue notre querelle avec toutes les races, je le souhaite profondément.

samedi 10 avril 2021

Verba volant, scripta manent

Ma mère m'a recommandé de lire "L'étrange suicide de l'Europe : immigration, identité, islam" de Douglas Murray en février. Comme il m'a paru que son contenu était très sérieux et lourd, j'ai choisi un autre livre "Le journal intime" de Béatrice Didier (en japonais) que je voulais lire depuis quelques années. Dès que j'ai commencé à le lire, je me suis rendue compte que ce livre était une thèse. C'était difficile. Un correspondant français m'a écrit que ce thème était le "soi". 

Au début, cette écrivaine s'excuse que, comme elle ne connaissait pas les journaux intimes orientaux, elle traite seulement des journaux intimes occidentaux. Je ne connaissais pas quelques journaux intimes des écrivains renommés qu'elle a cités. Ce qui m'intéresse dans ce livre, c'est que le journal intime est un exercice d'écriture, et il a un style qui n'a pas de place pour l'existence d'autrui. Je pense que écrire un journal intime est une sorte de conversation avec le soi. Lorsqu'on écrit un événement qu'on a expérimenté, le point de vue devient facilement arbitraire. Je pense que cela mène au biais d'autocomplaisance. Bien que le "soi" existe, on ne peut pas réellement le voir et le montrer. Et pour ça, on réexamine l'entité du "soi" à travers l'écriture d'un journal intime. Le stress de la vie quotidienne s'agrandit, le journal intime est exutoire. En particulier, les femmes ont été opprimées par la société au Moyen Âge, leurs plaintes ont souvent été écrites dans leurs journaux intimes, de telles choses sont indiquées dans ce livre. 

À l'issue de la lecture de "Le journal intime", je voulais comparer aux journaux japonais d'autrefois. Alors, j'ai lu "百代の過客(Hakutai no kakaku=Travelers of a Hundred Ages: The Japanese As Revealed Through 1,000 Years of Diaries" de Donald Keene (en japonais). Ce livre présente environ 80 journaux intimes au Japon, à partir de 794 jusqu'en 1868. En voyant la table des matières, j'ai été étonnée. Est-ce que le Japon est un trésor de journal intime ? Lorsque j'étais lycéenne, je lisais parfois le texte de l'histoire de la littérature japonaise pendant le cours de japonais. Je ne me concentrais pas tellement sur le cours, j'étais toujours distraite. Cette fois, j'ai connu quelques noms de journaux intimes que Donald Keene avait traités. Pourtant, je ne connaissais pas tellement ses contenus. Cette lecture était très instructive. 

À propos, pourquoi Donald Keene s'est intéressé aux journaux intimes japonais ? Il traduisait beaucoup de journaux intimes que des soldats japonais avait écrits pendant la Seconde Guerre mondiale pour obtenir des informations militaires. En général, l'armée interdit d'écrire un journal intime aux soldats, c'est un risque de divulgation d'information. Néanmoins, l'armée japonaise l'a plutôt préconisé aux soldats. Donald Keene s'est demandé pour quelle raison. Je suppose que le journal intime donne une occasion de se retourner vers les événements d'une journée, et que l'armée japonaise force les soldats de réfléchir à une journée. Je ne sais pas si cela s'associe à un devoir dans les vacances estivales et hivernales de l'école primaire, ce devoir est écrire un journal intime de plusieurs phrases. Probablement, je crois qu'il y a encore un tel devoir. Car, il est un élément moral dans un sens. Par exemple, On s'interroge: "Est-ce que j'étais paresseux aujourd'hui ?" Dans ce cas, ce journal intime est presque une introspection.

Daniel Keene estime que le journal intime est un genre de la littérature japonaise, il a raison. Le nom de ce livre "百代の過客", bien sûr, c'est une première phrase renommée : "Les jours et les mois s'égrènent, passants fugaces." dans "奥の細道(Oku no hosomichi=Le Chemin étroit vers les contrées du Nord)" de Matsuo Basyō. On dit que "Le Chemin étroit vers les contrées du Nord" est le plus haut journal de voyage au Japon. Il a falu mémoriser quelques phrases de cette introduction dans le cours de littérature classiques au lycée.

Danald Keene présente ces deux journaux intimes "Le journal de Sarashina" et "Le journal d'une éphémère" dans l'époque de Heian(794 - environ1192), de nombreux Japonais connaissent ces deux titres. L'auteure de "Le journal de Sarashina" a été envoûtée par "Le dit du Genji", la réalité lui manquait, et elle vivait dans l'histoire "Le dit du Genji". Cependant, ses parents lui ont recommandé de se marier, elle l'a accepté et a eu des enfants. Après la mort de son mari, elle était toute seule. Elle ruminait sa jeunesse révolue et a regretté qu'elle avait plongé dans "Le dit du Genji". Ce contenu m'a choqué, je me demande si je regretterai un jour les jours dépensés pour voir beaucoup de films. Je me sens déprimée.
 
En outre, l'auteure de "Le journal d'une éphémère" décrit sa vie malheureuse. Son mari était toujours infidèle. Une amante de son mari a eu un bébé, mais il est mort peu de temps après. Carrément, cela l'a soulagé. Elle écrit son sentiment honnêtement, c'est très rare à cette époque. Elle ne le cache jamais. Il me semble que cette femme est trop contemporaine. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir une affinité avec elle. Quand on lit un journal intime de gens du passé, ils se peuvent ressuciter instantanément. Cela donne aussi une actualité.

samedi 3 avril 2021

L'époque révolue

Le mois dernier, j'ai écrit comme ça: "Est-ce qu'il vaut mieux apporter un objet de mémoire de mon ex-mari dans ce musée ?" Mais, j'ai vu les tiroirs d'une commode dans ma chambre, seulement une photo de cérémonie de mon mariage est restée. J'ai jeté les autres photos de mon ex-mari. Probablement, je vais jeter cette dernière photo un jour. La durée de mon mariage est six ans. Comme huit ans ont déjà passé après mon divorce, je me demande parfois si je me suis mariée en réalité.

À propos, après la mort de mon père, j'ai jeté tous mes albums des photos de fin de cycle scolaire qui avaient été déposés chez mes parents. C'est un gaspillage d'argent. Mes parents ont dû les payer, je suis désolée. J'ai raconté cette histoire à une amie de mon lycée. Cela l'a étonnée, elle m'a dit: "C'est vrai !? La taille des albums de fin de l'école primaire, du collège, du lycée et de l'université est différente. Lorsque je range ma bibliothèque, j'en ai marre." Je comprends bien sa parole. De plus, elle m'a demandé: "Quand tu veux voir ces photos, comment fais-tu ?" Je lui ai répondu: "Tu pourrais me les faire voir ?" Elle a ri. Une telle occasion n'arrivera pas.

Alors, j'ai lu l'essai "Un homme ne possède pas" de Nakazaki Tatsuya qui me tentait depuis 2016 ou 2017. Cet auteur est dessinateur de bande dessinée. Quand j'étais étudiante, j'ai lu ses œuvres. Selon cet essai, il me semble apparemment que son caractère est minimaliste extrême et qu'il ressent l'attachement aux objets. Je n'affirme pas que cet auteur économise. Car, par exemple, il possédait plusieurs motos, ou il a consacré beaucoup de temps à chercher un gobelet à thé qui lui plaisait.

Néanmoins, cet auteur a jugé soudainement que les garde-boue de ses motos n'étaient pas nécessaires, il les a enlevés. Et puis, son contrôle technique périodique des véhicules automobiles n'a pas été accepté. Finalement, il a bien réfléchi et les a jetés. C'est fou. Mais il écrit que, s'il voulait sérieusement les avoir de nouveau, qu'il va les acheterait. Le spectacle de son lieu de travail dans quelques photos est comme une chambre d'un ermite. Il y a quelques stylos, une règle à mesure et une gomme sur une petite table. Une chaise sans dossier est installée devant cette table. Lorsque cet auteur a soif, comme il n'y a pas de frigo, il va acheter une boisson d'un distributeur automatique, il la boit sur place et la jette dans une poubelle qui est à côté de ce distributeur. C'est très drôle. Je comprends un peu son idée. Dans mon cas, lorsque je mange des gâteaux qui sont emballés dans du papier plastique, je n'aime pas tellement que ces emballages s'entassent sur la table. Tout de suite, je les jette dans la poubelle. Quand j'ai attrapé la grippe, j'étais absente du travail. Mais, ce matin-là, je suis allée jeter dehors un sac à ordures. Si je l'avais oublié, je serais tombée en dépression.

En outre, cet auteur respecte Mère Teresa. Cette raison n'est pas un acte miséricordieux de service bénévole. Parce que ses effets personnels sont seulement la bible, deux saris et un seau. Ce qui m'intéresse le plus dans ce livre "Un homme ne possède pas", c'est que cet auteur écrit que ses souvenirs sont seulement mémorisés dans sa tête, même si ses mémoires et ces fragments sont parfois inventés. Je suis d'accord avec son opinion. Il n'y a qu'environ quarante photos dans ma maison. Pour l'instant, je ne le regrette pas. Et pourtant, j'ai lu un article sur Internet, une personne âgée qui attrape un alzheimer voit ses photos de sa jeunesse, elle se souvient temporairement de sa jeunesse et commence à raconter des événements sur ces photos. Je me demande si mes photos qui évoque l'époque révolue sont insuffisantes. Le déficit de la mémoire est indispensable pour vivre de temps en temps. Car, si la mauvaise humeur, la colère, et la tristesse continuent jusqu'à la mort, ce sera insupportable. Pour cela, s'il y a plusieurs objets qui rappellent des tels sentiments, il vaut mieux les jeter ? Mais, certaines gens gardent n'importe quel objet.