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vendredi 4 avril 2025

Le saule est vert, la fleur est rouge

Je suis allée au théâtre de nō qui se trouve à Toyota. Bien que le temps ne soit pas beau, les places étaient presque complètes. Ce jour-là, une pièce de kyōgen "鐘の音(Kane no ne)" et une pièce de nō "山姥(yamanba)" ont été représentées. 

Quant à la pièce "鐘の音(Kane no ne)", c'était très drôle, de nombreux spectateurs ont ri, moi aussi. Présentons brièvement le synopsis. Un maître va offrir à son fils qui est bientôt adulte une épée longue en or. Alors, il ordonne à son serviteur de vérifier 金の値(kane no ne=le prix actuel de l'or). Et puis, ce serviteur va au centre de Kamakura. Il visite des temples fameux, il sonne la cloche de ces temples, il dit une impression sur chaque cloche. Le serviteur revient au manoir de son maître, il explique au maître la résonance des cloches dans les temples. En écoutant les paroles du serviteur, le maître est stupéfait. Il lui demande pourquoi tu as expliqué le son de cloches des temples. Le serviteur lui répond: "Parce que vous avez demandé de vérifier 鐘の音(Kane no ne=le son de cloches)." Le maître lui dit: "C'est un malentendu, 金の音(Kane no ne) signifie le prix de l'or. Cette pièce traite une homophonie "Kane no ne", 金の値(kane no ne) est le prix d'or, 鐘の音(kane no ne) est le son de cloches. Le point fort de la pièce est que le serviteur sonne des cloches, il imite la résonance de chaque cloche. Il sonne une cloche avec innocence, cela m'a plu.

La deuxième pièce est "山姥(yamanba)". Les étrangers veulent me poser une question, qu'est-ce que c'est "山姥(yamanba)" ? On dit que yamanba est un monstre d'une vieille dame qui habite au fond des montagnes. Cette pièce inclut un élément religieux. Présentons l'intrigue, une danseuse 百万山姥(hyakumayamanba) est très célèbre. Elle danse bien avec une chanson qui raconte que 山姥(yamanba) déambule dans des montagnes. Un jour, lorsqu'elle visite le temple zenkoji qui se trouve dans la préfecture de Nagano, le soleil tombe brusquement. Et alors, une femme bizarre apparaît, elle lui dit que, comme elle veut écouter et voir sa chanson et sa danse, elle a fait tomber le soleil. Puis, elle lui demande: "Vous connaissez le véritable yamanba ? Moi, je suis yamanba. Si tu chantes et danses, je te montre mon apparence réel." Après cette parole, la nuit avance encore plus, 百万山姥(hyakumayamanba) commence à chanter, après un certain temps, le véritable yamanba apparaît. On dit que Yamanba mange un homme, elle est appelée la femme ogre. Elle raconte la règle de la nature majestueuse des montagnes, il n'y a pas de distinction entre le bien et le mal dans le monde, tout est vide et néant. Le bouddha existe, l'homme et Yamanba aussi. Yamanba prêche la valeur magnifique qui est basée sur l'idée du zen. Et alors, elle disparaît. C'est la fin.

Après l'avoir vu, je me suis demandée: "Qu'est-ce que Yamanba a voulu transmettre à Hyakumayamanba ?" Sa parole est presqu'un sermon. En particulier, 柳は緑、花は紅(le saule est vert, la fleur est rouge) est une parole du zen. Elle signifie qu'on saisit objectivement toutes les choses, acceptons les telles quelles. Pourquoi cette pièce exprime l'idée du zen ? Son intention est de consoler les gens ? La réponse explicite n'est pas préparée. Je voudrais encore une fois la voir un jour.

dimanche 9 juin 2024

Le printemps véritable

Cet article est la suite de l'article dernier. La deuxième pièce est "雲林院(Unrinin est maintenant un temple, jadis était une villa)". Je l'ai vu pour la première fois. Comme d'habitude, j'ai préalablement lu les paroles de la pièce. 

Présentons l'intrigue. Un homme Kinmitsu adore "Les Contes d'Ise" depuis son enfance. Une nuit, il a eu un rêve étrange. Ce contenu était qu'un homme et une femme étaient debout à l'ombre d'un arbre, en regardant "Les Contes d'Ise". Kinmitsu interroge une personne âgée près d'eux, elle lui répond qu'ils sont les protagonistes Ariwara no Narihira et sa petite amie Nijō no Kisaki dans "Les Contes d'Ise". Cet endroit est Unrinin. Et après, Kinmitsu se réveille, comme le rêve était très clair, ainsi il visite Unrinin. Cet endroit est le site antique dévasté comme dans son rêve, mais des jolies fleurs fleurissent. Kinmitsu cueille plusieurs fleurs d'une branche, il va retourner chez lui. Et à ce moment là, une autre personne âgée lui dit: "Bien que le vent ne souffle pas, pourquoi des fleurs d'une branche sont cueillies ? Une telle personne violente, partez d'ici." De plus, elle lui demande: "Pourquoi vous venez ici ?" Kinmitsu lui explique le rêve qu'il a eu. La personne âgée lui dit: "Unrinin est utilisé comme la villa de Nijō no kisaki, Ariwara no narihira éprouve votre zèle pour Les contes d'Ise, il est apparu afin de vous donner un secret de ces contes dans votre rêve. Pourriez-vous rester ici pour continuer votre rêve ? Je suis un vieil homme", cette personne âgée disparaît dans le brouillard du printemps, la nuit tombe, la lune monte dans l'air limpide. Le fantôme de Narihira apparaît. Son apparence est un jeune noble. Narihira commence à raconter à Kinmitsu le parcours amoureux entre Nijō no kisaki et lui. En s'en souvenant, il danse gracieusement. Et après il disparaît, Kinmitsu se réveille avec l'aube. C'est la fin.

Cette fois, la danse de Narihira m'a invité à somnoler. On dit que cette danse s'appelle 序の舞(jyo no mai). Elle est toujours très lente avec dignité. Généralement, des protagonistes féminins dansent 序の舞(jyo no mai). En regardant la danse de 序の舞(jyo no mai) de Narihira, j'ai pensé que c'était élégant. Cependant, les choristes n'ont pas chanté pendant la danse. Une flûte et trois tambours ont seulement sonné. La danse lente a joué un rôle d'incantation de sommeil pour moi. J'ai pensé à ne pas être tellement fatiguée, mais mon corps était épuisé à cause de l'hospitalisation de ma mère, ma tête a dodeliné pendant quelques minutes.

La pièce "西行桜(Saigyō zakura)" cite une phrase de la poésie chinoise "la nuit printanière vaut mille lingots d'or", cette pièce "雲林院(Unrinin) aussi la cite. Je me demande si les gens d'autrefois dégustaient la nuit printanière. Alors, j'ai cherché cette poésie "La nuit printanière" de 蘇軾(Su Shi) sur Internet. Un chinois la récite. La majorité des chinois la récitent par cœur, car c'est célèbre. On éprouve de la gratitude pour le temps et la saison qui s'écoulent. Cela se reflète dans cette poésie. En écrivant cet article, je me demande quand le printemps véritable arrive dans la bande de Gaza, en Ukraine, et dans d'autres champs de bataille.

春宵一刻直千金
La nuit printanière vaut mille lingots d'or

花有清香月有陰
Des fleurs sont portées par l'ordre pur, la lumière tendre de la lune est brumeuse 

歌管楼台声細細
La chanson animée et le son d'orchestre résonnent dans un haut bâtiment, maintenant l'ambiance se calme 

鞦韆院落夜沈沈
Dans le jardin où une balançoire est installée, la soirée s'enfonce dans la nuit


samedi 7 octobre 2017

Élaborer

Un soir en septembre, ma mère m'a écrit par SMS que la lune était très belle ce jour-là. Tout de suite, j'ai regardé le ciel par la fenêtre. Elle avait raison. Le ciel est serein et limpide, on peut bien regarder  la lune et les étoiles en automne. Lorsque je suis allée au centre il y a quelques semaines, je suis passée devant MacDonald's. Une grande publicité de "月見バーガー (Tsukimi burger)" était accrochée sur le mur. Cela m'a fait éprouver que la saison pour regarder la lune était arrivée. Qu'est-ce que c'est un Tsukimi burger ? Il n'y a pas de chose remarquable. Simplement, un œuf au plat a été  ajouté dans un hamburger ordinaire. Cet œuf au plat exprime la lune. Je pense que Tsukimi burger est probablement un menu original japonais. Comme je n'ai pas mangé de "Tsukimi burger" jusqu'à maintenant, une question est survenue: "Depuis quand Tsukimi burger est vendu ?" Et alors, je l'ai cherché sur internet, il est vendu depuis 1991, chaque automne.

J'ai rencontré le verbe "élaborer" dans un texte français pour la première fois il y a longtemps, et ce mot m'évoque toujours une pièce de Nô qu'il s'appelle "融 (Tooru)". Elle est souvent représentée vers la saison de pleine lune, à la fête de la mi-automne.

À propos du synopsis, un moine arrive à Kyoto, il rencontre une personne âgée qui porte deux petits seaux pour pomper l'eau marine. Il pense qu'il est un peu bizarre, car il n'y a pas de mer à Kyoto. La personne âgée narre que jadis Minamoto tooru était un ministre, et que le beau paysage de Shiogama (qui est une ville portuaire dans la région de Tohoku) lui avait plu, et que le ministre a fait créer artificielement ce paysage par un jardinier. Sous la lumière de la lune, pensivement, le moine et la personne âgée regardent ce jardin. C'est dommage qu'il soit ruiné. Parce qu'il n'y avait personne qui hérite de sa maison. La personne âgée le déplore. Elle dit au moine qu'elle a raconté la longue histoire. Alors, elle disparaît. Le moine croise un voisin. Le voisin lui enseigne l'histoire du ministre. Le moine se rend compte que cette personne âgée était un fantôme du ministre. Et après, il se couche dans ce jardin. Le fantôme apparaît de nouveau, et pourtant, son apparence n'est pas celle d'une personne âgée, mais du ministre jeune, bien habillé. Il danse avec un éventail. Je pense que cette danse éblouissante est l'apothéose dans la pièce. Après la danse, il disparaît comme s'il rentrait dans la lune. L'éphémère subsiste sur la scène de théâtre. C'est fini.

Auparavant, j'ai vu cette pièce au théâtre Nô. C'était impressionant. Ces dernières années, j'emprunte le DVD de la pièce chaque automne. Cette représentation qui a lieu au sanctuaire d'Itsukushima est une merveille. Lors de la marée haute, la scène de théâtre est enveloppée d'une atmosphère fantastique sous la pleine lune. Comme je ne peux jamais voir cette situation en vrai, je veux encore emprunter ce DVD en cette saison.

Mon explication de la pièce est une digression, mais c'est nécessaire pour comprendre comment le verbe "élaborer" concerne la pièce. Dans des interactions verbales entre le moine et la personne âgée,

老人(ろうじん):ただいまの面前(めんぜん)の景色(けしき)が、お僧(そう)の御身(おんみ)に知(し)ららるは、もしも賈島(かとう)が言葉(ことば)やらん。鳥(とり)は宿(しゅく)す池中(ちちゅう)の樹(き)。
La personne âgée: Vous pensez que ce spectacle coïncide avec vous-même, est-ce que ce sont des paroles de Jia Dao ? Des oiseaux se perchent sur une branche d'arbre planté sur la petite île dans l'étang.

僧(そう): 僧(そう)は敲(たた)く月下(げっか)の門(もん)。
Le moine:Le moine frappe à la porte sous la lune

老人(ろうじん): 推(お)すも。
La personne âgée: Pousser la aussi

僧(そう): 敲(たた)くも。
Le moine: Frapper aussi

老人(ろうじん): 古人(こじん)の心(こころ)。
La personne âgée: C'est le cœur d'un ancien

僧(そう)と老人(ろうじん): 今(いま)目前(もくぜん)の秋暮(しゅうぼ)にあり。
Le moine et la personne âgée: Maintenant, il y a un crépuscule d'automne devant les yeux


Le verbe "élaborer" est "推敲(すいこう)する" en japonais. L'étymologie de "推敲" est un poème de 賈島(Jia Dao). Pendant qu'il l'élaborait, il s'est demandé quels verbes s'il valait mieux choisir entre  "frapper" ou "pousser". Un jour, Jia Dao rencontre par hasard un cortège de 韓愈(Han Yu) qui est aussi poète, il le consulte sur ce choix de verbes, Han Yu répond: "Frapper est mieux, parce que la frappe à la porte retentit sous la lune. Il y a une finesse". Alors, en lisant le verbe "élaborer", cette pièce surgit toujours dans ma mémoire.

jeudi 16 mars 2017

La saison des bourgeons

"春眠暁を覚えず(しゅんみん あかつきを おぼえず)" est "Assoupi du printemps, je n'ai pas perçu l'aurore" en français. Cette phrase est dans un poème chinois "Aurore de printemps" de Meng Haoran. On somnole au soleil, beaucoup de fleurs et d'arbres bourgeonnent au printemps. Cependant, je n'aime pas tellement cette saison. Car, le temps change souvent. Un jour est très agréable, un jour, il fait à nouveau froid. Et puis, c'est la cérémonie de remise des diplômes et d'entrée à l'école. Comme je n'ai pas d'enfant, je ne suis pas occupée. Les parents sont affairés. Je vois de temps en temps les cerisiers en fleurs, il y a plusieurs ivrognes sous des cerisiers qui sont trop gais et crient. Cela me fatigue. De plus, le printemps me rappelle un meurtre horrible. 29 ans s'est écoulés depuis cet événement. Alors, comment c'était terrible ?

Une épouse de 27 ans, 9 mois de grossesse, a été assassinée. Son ventre a été coupé par une sorte de couteau. Le criminel a enlevé son bébé et coupé le cordon ombilical. Il a entortillé autour du cou de l'épouse une corde de table basse avec un radiateur. Notamment, ce criminel a eu un comportement déroutant. Il a pénétré un combiné et un porte-clés dans son utérus. Ce bébé a été blessé derrière le genou, la cuisse, et les testicules. Heureusement il a survécu. On dit que ce bébé a grandi dans un pays étranger. Ceci est vrai ou pas, on ne le sait pas, la crédibilité manque à Wikipédia.

Et alors, pourquoi je me souviens de ce meurtre chaque printemps ? À cette époque, après la cérémonie d'entrée au lycée, je commencais à prendre le train pour y aller. Le meurtre a eu lieu à côté de ma petite ville, le 18 mars 1988. Pendant environ un mois, j'ai vu tous les jours par la fenêtre du train que beaucoup de policiers fouillaient dans des rizières, des canals d'irrigation, et autour de la station. D'abord, son mari a été suspect, il a découvert le cadavre de son épouse. Mais il avait un alibi solide: il travaillait dans un bureau à l'heure du crime. Ses collègues l'ont témoigné.

Quelques témoins oculaires disaient qu'un individu suspect rôdait parmi des appartements près de la station, et qu'il a sonné à la porte et tourné la poignée de la porte. A la suite de cette information dans leurs enquêtes, les policiers ont scruté à peu près 400 passants de ce jour-là autour de cet appartement. En dépit de leur tenacité, ils n'ont pas pu obtenir un indice afin d'arrêter ce criminel. Finalement, le criminel n'a pas été arrêté. Le meurtre a été prescrit en 2003. Comme il y a beaucoup d'affaires en suspens au Japon, la prescription a été abolie en 2010.

Lorsque mes amies étaient enceintes, je les ai averties; "Même si tu sors pour un instant, il faut fermer la porte à clef." Mes amies m'ont dit; "Oui, tu veux dire ce fameux meurtre horrible, n'est-ce pas ?". L'épouse qui a été assassinée est allée raccompagner son amie qui est venue visiter son appartement au parking, sans fermer la porte à clef. Probablement, le criminel est entré dans sa chambre pendant ces quelques minutes. Le printemps m'évoque ce meurtre, je me demande si je n'ai pas croisé ce criminel dans la ville, dans la rue, et quelque part. Je me sens mal à cause de cela.

À vrai dire, le système de sécurité n'est pas équipé pour mon vieux appartement. Chaque fois que je rentre chez moi, je sonne à la porte. C'est une habitude. Si un cambrioleur est dans ma chambre, il fuira tout de suite. Un jour, je suis allée chercher une amie à la station de métro, on a marché jusqu'à mon appartement. Cette amie a vu que j'ai sonné à la porte. Elle m'a bizarrement demandé; "Qu'est-ce que tu fais ?". Je lui ai expliqué une telle raison, elle a été persuadée. Pour le reste, lorsque je marche toute seule, je tourne parfois la tête et vérifie que quelqu'un ne me suit pas. Je ne suis pas jeune fille, ainsi je n'ai pas besoin de m'inquiéter. Cependant il y a des angles morts n'importe où. Objectivement, il est possible que l'on me considère comme une femme suspecte.

jeudi 22 septembre 2016

Vision de printemps

Le titre de cet article est hors de saison. Je ne m'en fais pas. Dans l'hypothèse où j'aurais l'intention d'écrire cet article au printemps prochain,  je l'oublierai sans doute.

Quand j'étais collégienne, j'ai appris ce poème (Vision de printemps (春望) de Du Fu (杜甫)) dans un cours. Je me suis rendue compte que le contenu de l'haïku que je vous ai presenté dans l'article "Princes et Princess" est similaire à celui de ce poème chinois. Franchement, je ne m'habitue pas tellement à lire la littérature classique. En fermant les yeux, un professeur de littérature classique au lycée chantait si souvent quelques haïkus, poèmes chinois, et des extraits d'œuvres classiques. À cette époque, ce professeur racontait le charme de la littérature classique aux élèves avec passion. Cela ne m'a pas attiré. Car, je lisais plutôt la littérature contemporaine (Julian Barnes, Richard Brautigan, Takahashi Genichiro etc.).


J'ai cherché cette traduction en français sur l'internet, j'ai pu la trouver, collectée dans le livre "Poèmes de Chine" (Seuil, 2009). Je voudrais l'acheter.

国破山河在
La nation est déchirée, mais les montagnes et les fleuves demeurent.
城春草木深
En ce début de printemps, les arbres et les bosquets renaissent dans la capitale.
感時花濺涙
Affligé de voir les fleurs s'épanouir, mes larmes jaillissent.
恨別鳥驚心
Le croassement des oiseaux rend l'aversion de la séparation plus effroyable encore.
烽火連三月
Dans les feux de la guerre qui ne cessent depuis trois mois,
家書抵萬金
Une lettre de ses proches vaut dix mille pièces d’or.
白頭掻更短
Mes cheveux blancs se font rares, pour les avoir trop grattés,
渾欲不勝簪
Et sont trop fins désormais pour y fixer une épingle.

Cette traduction est très belle. À propos, est-ce que vous pensez que les Japonais peuvent lire ces phrases de caractères chinois ? C'est dommage qu'ils ne puissent pas lire sauf les gens qui apprennent le chinois. Et alors, nous (les Japonais) lisons ce poème chinois ? Il y a un truc, la façon est "書き下し文" (kakikudashibun) que les Japonais apprennent à l'école. Qu'est ce que c'est "書き下し文" ? Regardez bien cette image ci-dessous, s'il vous plaît.


Vous remarqueriez tout de suite "レ", "一", et "二" dans ce poème. Généralement, on lit de haut en bas. 国破山河在 est "国破れて山河在り". Ensuite, dans le cas de "レ", 感時花濺涙 est "時に感じては花にも涙を濺ぎ", en somme, il lit d'abord un caractère chinois du dessous ajouté "レ", et après lit celui du dessus. Dans le cas "一"(premier), et "二"(second), on lit par ordre des chiffres, 烽火連三月 est "烽火 三月に連なり". J'estime que mon explication est nébuleuse.

C'est compliqué pour les étrangers. À quelle époque "書き下し文" a été inventé ? Une partie de "Chant des regrets éternels" de Bai Juyi est citée dans "Le dit du Genji" et "Notes des chevet" à l'époque de Heian (794-1185). La majorité des Européens lisent "L'Iliade" et "L'Odyssée" d'Homère, c'est la même chose pour les Japonais qui lisent la poésie chinoise. J'ai vieilli, ma glande lacrymale est devenue fragile. Je verse des larmes  plus souvent pour la vie d'autrui que sur ma vie. Ce vers "Affligé de voir les fleurs s'épanouir, mes larmes jaillissent", c'est la miséricorde débordante pour la vie.

国(くに)破(やぶ)れて山河(さんが)在(あ)り
城(しろ)春(はる)にして草木(そうもく)深(ふか)し
時(とき)に感(かん)じては花(はな)にも涙(なみだ)を濺(そそ)ぎ
別(わか)れを恨(うら)んでは鳥(とり)にも心(こころ)を驚(おどろ)かす
烽火(ほうか) 三月(さんげつ)に連(つら)なり
家書(かしょ) 万金(ばんきん)に抵(あた)る
白頭(はくとう)掻(か)けば更(さら)に短(みじか)く
渾(すべ)て簪(しん)に勝(た)えざらんと欲(ほっ)す