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jeudi 19 septembre 2024

Faire bouillir et boire la crasse des ongles

Le dernier mois, lors du cours de français, mon professeur a vu une phrase de l'article "Un bateau en boue", il m'a dit: "Cette phrase est bizarre." J'ai écrit comme ça: "Il digère des congés". À vrai dire, quand j'écrivais cet article, je me suis demandée s'il y avait cette expression "digérer des congés" en français. Finalement, mon prof a corrigé: "Il utilise des congés".

Tout à l'heure, j'ai consulté le dictionnaire pour le verbe "digérer". Plusieurs phases d'exemple étaient notées.
・Je n'ai pas encore digéré mon repas.
・J'ai mal digéré 
・digérer une pensée 

"Digérer des congés" est seulement l'expression japonaise ? Un autre exemple, "des matchs de digestion" est souvent utilisé au Japon. Peut-être, les étrangers ne pourront pas comprendre son sens. Expliquons le laconiquement. Le rang d'une équipe sportive est déjà décidé, mais plusieurs matchs restent encore, l'équipe doit faire le match. Donc, c'est "les matchs de digestion". J'écris un article en français, en pensant toujours au contenu d'un article en japonais. Parfois des découvertes dans ma langue maternelle (le japonais) sont menées, "digérer des congés" aussi. L'expression courante au Japon, dès que les étrangers l'entendent ou voient, une question de la signification survient souvent. Cette chose m'a incité à m'intéresser à l'étymologie japonaise ou française.

À propos, j'ai acheté un livre qui est sorti l'année dernière. Ce titre est très long, "C'est moi, hikikomori, qui ne sort presque pas de la préfecture de Chiba, en n'allant jamais dans un pays étranger, je suis devenu romancier roumain".

À vrai dire, je connaissais cet auteur Saito Tettyo depuis quelques années, parce que, quand j'avais vu des films de l'Europe de l'Est, j'avais cherché ces films sur Internet, ses articles sur ces films ont toujours apparu. J'ai imaginé qu'il habitait dans un pays européen de l'Est ou était un professeur(chercheur) sur ce pays ou cette langue. L'année dernière, j'ai par hasard trouvé l'article sur le livre de Saito Tettyo. Après l'avoir lu, ce contenu m'a étonné. L'auteur n'a jamais voyagé dans des pays étrangers. Cela m'a très tenté. J'ai eu l'intention d'acheter ce livre un jour. Cependant, ma mère s'est fracturé le sacrum l'été dernier, et après elle était hospitalisée pendant la semaine d'or cette année. En outre, la lecture de "Seiobo est descendue sur terre" restait. En juillet, je suis allée à la librairie, je n'ai pas pu le trouver, je me suis demandée si c'était en déjà rupture de stock. Il y avait ce livre dans un autre rayon. Je suis rassurée.

Selon le livre, l'auteur relate le processus d'apprendre le roumain. Après avoir échoué l'examen de l'université, il est entré à l'université vaille que vaille. Un chagrin d'amour l'a frappé. Avant la sortie de l'université, il a essayé de chercher du travail. Ça ne se passait pas bien. Finalement il a attrapé la dépression. Cependant il a obtenu le diplôme de l'université. Mais, il est devenu Hikikomori(marginal). Le temps s'écoulait vainement. Pourtant, voir des films, cela lui a donné un unique espoir. Petit à petit, un sentiment d'impatience l'a affligé. Cet auteur a écrit sur des films qu'il a vus et les a postés sur Internet. En particulier, il a vu des films inédits au Japon, cela l'a distingué des autres, il estime que c'est cool et dingue. Un jour, le film roumain "Policier, adjectif" de Corneliu Porumboiu l'a choqué, et puis il a décidé d'apprendre le roumain. Pourtant, il n'y avait que plusieurs textes pour cela au Japon. Il a vu des films avec sous-titres en roumain. Comme il n'a pas tellement pu comprendre l'expression courante dans la conversation, il a envoyé environ 4000 messages d'amis sur Facebook, il a fait des correspondances ou des "chats". Graduellement, il voulait écrire un roman en roumain. Il a essayé d'écrire des nouvelles, il les a envoyées à quelques critiques dans le monde littéraire roumain, son roman a été sorti en Roumanie. Néanmoins, il attrape malheureusement la maladie de Crohn. Sa vie est spectaculaire. 

J'ai eu l'impression qu'Internet nous donnait une possibilité de préparer le succès d'une telle histoire. Je succombe à son zèle pour cette langue, car si j'étais Hikikomori, est-ce que je serais motivée pour le français ? Je dois faire bouillir et boire la crasses de ses ongles. Probablement, vous voulez dire : "Quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Des crasses des ongles sont très sales !" Cette expression japonaise, en somme, on a envie de devenir une personne qu'on respecte, on imite son attitude et son comportement. 

Autrefois, une amie m'a enseigné le livre "La terre est plate" de Thomas Friedman. Dans son contenu, QC(quotient de curiosité)+QP(quotient de passion)>QI(quotient intellectuel) a été présenté. C'est justement que le cas de l'auteur Saito Tettyo s'incruste dans cette formule. Ect-ce que la folie me manque pour l'apprentissage de la langue ? J'ai préjugé que cet auteur habitait en Roumanie ou était professeur de roumain ou de la société roumaine. Son processus du roman qui est sortie en Roumanie m'a donné du cœur. Je souhaite que le nouveau médicament afin d'atténuer des souffrances de la maladie de Crohn soit bientôt inventé, et que cet auteur puisse voyager en Roumanie. Un jour, je voudrais voir le film "Policier, adjectif" de Corneliu Porumboiu.


samedi 6 janvier 2024

Dixième année

On est déjà en 2024, le temps passe impuissamment. Une amie cinéphile m'a annoncé qu'elle arrêtait son blog. Je pense que le blog n'est pas tellement accueilli de nos jours. La culture d'Instagram ou TikTok est principalement le monde de l'image. Je pense que l'image est plus forte que le langage. 

Le mois dernier, je suis allée à Kani qui se trouve dans la préfecture de Gifu pour un cours de Kabuki par Kinoshita Yūichi. Il organise sa troupe de théâtre, il actualise des pièces de Kabuki et les représente pour répandre le Kabuki. Je savais que son cours avait lieu chaque mois. Comme je n'ai vu aucune représentation de Kabuki, je n'avais pas l'intention de participer à ce cours. Cependant cette fois, le thème était le langage du texte des pièces dans le Kabuki, cela m'a tenté. Monsieur Kinoshita a expliqué six rhétoriques. Ce cours de Kabuki est presque celui du japonais classique au lycée, il sert un peu à voir une représentation de nō .

1. 七五調(shichigochō)
2. 鎹詞(kasugai kotoba)
3. 枕詞(makura kotoba)
4. 掛詞(kake kotoba)
5. 縁語(engo)
6. 引用(inyō)

En révisant ces contenus, j'essaie de vous les expliquer brièvement.

1) 七五調(shichigochō)
七五調(shichigochō) est le mètre(arrangement de syllabes) de sept et cinq mores. Comme le japonais n'a que cinq voyelles, on dit que c'est difficile de rimer avec le japonais. Des rappeurs japonais indiquaient souvent cette chose. Lorsque j'étais lycéenne, des amies et moi sommes allées parfois au karaoké, nous avons chanté des chansons japonaises. Nous disions que beaucoup de paroles dans ces chansons japonaises se composaient en sept mores et en cinq mores. Alors, pour quelle raison la combinaison de cinq et sept mores s'est développée ? Je pense qu'il est facile de chanter. Le waka 5/7/5/7/7 mores. Le haiku 5/7/5. Le mètre 7/5 mores est très naturel pour tous les japonais.

2) 鎹詞(kasugai kotoba)
À vrai dire, je ne connaissais pas cette rhétorique. "Kasugai" est "serre-join", "kotoba" est "mot". Selon l'explication de Monsieur Kinoshita, un protagoniste dit à un personnage A une parole, mais l'interprétation de cette parole est différente de celle pour un autre personnage B. Monsieur Kinoshita a évoqué une scène de la pièce "Kanjinchō". Lorsque Yoshitsune, Benkei et une dizaine de serviteurs de Yoshitsune passent un point de contrôle à Ataka pour fuir Yoritomo, ils se déguisent en moines Yamabushi qui se prosternent dans la montagne. Le responsable de ce point de contrôle remarque un homme de cette troupe qui ressemble à Yoshitsune. Mais en le frappant, Benkei lui dit: "Comme tu ressembles à Yoshitsune, cela nous arrête ici." Bien que Yoshitsune soit le maître de Benkei, Benkei joue comme ça avec tact. Le responsable considère leur sentiment. Le responsable dit à Benkei: "C'était un malentendu, passe ce point de contrôle". En outre il avertit ses subordonnés: "Vous et moi surveillons plus sévèrement dorénavant aussi". Cette parole rassure parfaitement Benkei. Elle est "kasugai kotoba". Non seulement le sens apparent de la parole, mais aussi le sens caché pour quelqu'un est important sur le processus de la pièce.

3) 枕詞(makura kotoba)
"Makura" est "oreiller", "kotoba" est "mot". Franchement, le makura kotoba n'a pas tellement de sens, car il joue simplement le rôle de guider quelques mots.
《Par exemple》
ちはやぶる     神代も聞かず          竜田川 
Chihayaburu    kamiyomokikazu     tatsutagawa 
からくれなゐに  水くくるとは
karakurenaini     mizukukurutoha

Ce waka(poésie japonaise) d'Ariwara no Narihira(在原業平), dans ce cas, "chihayaburu" est un makura kotoba, il guide "神(kami=le dieu)". Il y a beaucoup de makura kotoba, il n'est pas nécessaire de les mémoriser. Mais si on est collégien ou lycéen, comme un makura kotoba d'un texte est parfois questionné dans un examen du japonais classique, il faut mémoriser certains makura kotoba. Au fur et à mesure qu'on lit des textes classiques du japonais, on peut connaître et s'habituer aux makura kotoba. Le makura kotoba est toujours cinq mores. Je ne sais pas cette raison, probablement il concerne le mètre de sept et cinq mores qui se familiarisent avec le japonais.

4)掛詞(kake kotoba)
Auparavant, j'ai écrit un peu kakekotoba dans l'article "Des homophones".
《Par exemple》
木の芽もはるの雪降れば
konomemo harunoyuki fureba

"Haru" a deux sens, alors la majorité de japonais peuvent comprendre qu'il y a deux phrases dans la phrase, 木の芽もはる et はるの雪降れば. Cela veut dire: 木の芽もはる=des bourgeons d'arbres gonflent, はるの雪降れば =la neige de printemps tombe. Haru(はる) a deux mots: 張る(haru=gonfler) et 春(haru=printemps). C'est un homophone. Dans un texte classique de japonais, des phrases avec homophones ont invité mon imagination. Je me suis rendue compte de nouveau que la langue japonaise était abondante. 
 
5)縁語(engo)
"En" est "relation", "go" est "mot". "Engo" est un jeu de mot. Mais, les lecteurs ont besoin de lire avec attention.
《Par exemple》
女郎が情の底深き、   Yonega nasake no soko fukaki
これかや恋の大海を、korekaya koi no taikaiwo
かへもほされぬ蜆川   kaemo hosarenu shizimigawa
"Double suicide à Amijima" / Chikamatsu Monzaemon

J'essaie de traduire cette phrase en français: Une prostituée a une profonde affection, la grande mer de l'amour n'est pas puisée comme la rivière de Shijimi. Cette histoire se déroule à Osaka. Dans l'époque d'Edo, on dit qu'Osaka était la ville d'eau comme Venise. Le thème de cette pièce "Double suicide à Amijima" est l'amour tragique. Alors, un engo "eau" concerne des mots, "le fond", "profond", "la mer", "puisée", "rivière", et "Shijimi(=corbiculidae)". Un autre engo "amour", il concerne "prostituée" et "l'affection". Je me demande si "Engo" existe pour savourer de façon plus riche, le texte classique ou le waka(poésie japonaise) .

6) 引用(inyō)
引用(inyō) est la citation, elle n'est pas spéciale, car elle est utilisée dans n'importe quelle littérature étrangère.

Cet article a demandé de la peine, l'explication de ces rhétoriques était difficile, et cela a pris du temps. J'ai achete un billet de Bunraku en février grâce à ce cours de Kabuki.

samedi 1 avril 2023

Une frénésie et une lamentation

Chaque fois que je rencontre le mot "d'antan", je crois que "l'antan" est plus littéraire que "l'année dernière", "jadis" d'après mon dictionnaire. "D'antan" est  去年 ou 昨年(sakunen) en japonais. En général, on lit 去年(kyonen). Néanmoins, on lit 去年(kozo) dans le texte classique. Malgré l'utilisation du même caractère chinois et du même sens, la manière de lire est seulement différente. De temps en temps, j'écoute la chanson de nō avec l'ordinateur. En février, j'ai entendu un mot japonais "遠近(ochikochi) dans la chanson de nō "雲雀山(Hibariyama = le mont des alouettes). Je voulais manger un gâteau japonais nommé をちこち(ochikochi). Le sens de 遠近(ochikochi) est loin(遠) et proche(近). Généralement, on lit 遠近(enkin). Ce mot aussi a une autre manière d'être lu dans le texte classique, 遠近(ochikochi). 

Plusieurs jours plus tard, je suis allée à un grand magasin qui est annexé à la gare. Avant d'aller au cours de français, j'ai eu l'intention d'acheter ce gâteau をちこち(ochikochi). Le spectacle d'une longue queue devant ce grand magasin m'a étonnée. Pourquoi ? Je me suis rendue compte que c'était "L'amour de chocolat" pour Saint Valentin. J'ai décidé d'aller à un autre gransd magasin. Alors, j'arrive au rayon ded gâteaux dans cet autre grand magasin. Ici aussi, il y avait une longue queue. C'était fou. Comme mon but était le rayon de gâteau japonais, cet endroit était calme, seulement deux clients étaient là. J'étais choquée. De nouveau, ce fait m'a persuadé que la pâtisserie japonaise était impopulaire. J'ai acheté un をちこち(ochikochi) pour moi et un 羊羹(yōkan) pour l'anniversaire de l'amie que je voyais ce jour-là. L'ochikochi est une pâte sucrée d'haricot rouge interposée entre l'éponge de farine avec haricots rouges. En apparence, cette couleur de l'ochikochi est similaire à celle du chocolat. Le yōkan est une pâte de haricot rouge durcie avec l'agar-agar.

Le gâteau traditionnel japonais est en agonie. Lorsque j'ai raconté à cette amie cette anecdote, elle m'a dit que l'amour du chocolat dans le grand magasin de la gare était fervent, cela contribuait évidemment à l'économie japonaise. Selon une information, ce chiffre d'affaires était de plus trois milliards de yens(environ 210000 euros). D'après son opinion, est-ce que la frénésie pour le chocolat reflète un complexe des Japonais contre les occidentaux ? Donc le chocolat est comme un sac de Louis Vuitton ou Chanel etc. J'ai pensé qu'il y a du vrai dans ce qu'elle dit. Elle et moi, nous sommes lamentées de cette situation des gâteaux japonais.

samedi 8 octobre 2022

Je fais souvent un détour par des mots

En septembre, il y a beaucoup de typhons qui touchent le Japon chaque année. Alors, je n'ai pas pu aller au film festival de Georgia. C'est dommage. En voyant la télé, la vigilance face à de fortes houles a été décrétée. Lorsque j'étais petite, j'ai demandé à ma mère si cette vigilance voulait dire que de nombreux étrangers nous adressent la parole "Hello". Elle a ouvert de grands yeux et pris un air hébété. La vigilance de fortes houles traduit en japonais, c'est "波浪注意報(halō tyuihō)". La prononciation de 波浪(halō) ressemblait à celle du mot anglais "hello" pour moi à ce moment-là. Maintenant je comprends la prononciation correcte "hello" est "həlóʊ". La prononciation à la manière japonaise "hello" est "halō". Et alors, comme j'étais petite, j'ai imaginé que de nombreux étrangers adressaient la parole "hello". Ma mère m'a expliqué que des fortes houles risquent de mettre en détresse des bateaux, et il est possible que des établissements au bord de la mer soient dévastés. 

Un autre mot que j'ai dit dans mon enfance a fait éclater de rire ma mère. Un jour, quand ma mère a pris un produit de tofu ou de tofu frit fin dans un supermarché, je lui ai dit: "Tu ne peux pas acheter ça ! Parce que tu ne travailles pas. " Une étiquette "おつとめ品(otsutomehin)" sur cet emballge était collée, c'était la cause. Ma mère a éclaté de rire, elle m'a expliqué qu'il y avait un autre sens. J'ai été persuadée par cette explication. Le sens d' "おつとめ(Otsutome)" de cette étiquette est que ce supermarché fait des efforts pour baisser les prix de certains articles. Je ne savais qu'un sens d' "Otsutome", c'était  "travailler".

À propos, je ne peux pas lire "Le Monde diplomatique". Lorsque je trouve du temps libre, néanmoins je lis des articles du "Monde diplomatique"  d'août . Ma lecture est trop lente. Comme je perds de plus en plus la mémoire pour les mots français, je consulte le dictionnaire français-japonais. Vraiment on a besoin de persévérance pour cela. Cette fois aussi, j'ai rencontré pour la première fois deux expressions intéressantes. Premièrement, c'est "nettoyer des écuries d'Augias". D'abord, je n'ai pas pu me souvenir du mot "écurie". De plus, qui est Augias ? Dans ce dictionnaire, le sens est effectuer un grand nettoyage d'un lieu extrêmement sale. Cette expression dérive de la mythologie grecque, Hercule a nettoyé les écuries d'Augias. J'ai su la première fois "les douze travaux d'Hercule" sur Internet grâce à cette expression. J'ai lu ce contenu. Mais le tableau "Le combat d'Hercule avec le lion de Némée" de Rubens est présenté avec cette explication des "douze travaux d'Hercule". Probablement, j'ai dû lire "les douze travaux d'Hercule" quelque part. Dans mon cerveau, je n'ai pas pu tirer ce contenu, je me suis trouvée idiote. Je fais comme ça, le temps passe avec impuissance.

Deuxièmement, c'est "passer sous les fourches caudines". Qu'est-ce que c'est "fourches caudines" ? C'est difficile pour moi. Selon le dictionnaire, cela veut dire être vaincu, être contraint d'accepter des conditions humiliantes. L'armée romaine a perdu la bataille avec les Samnites en 321 avant J.C. Je ne l'ai pas tellement compris, je l'ai cherché en japonais sur Internet. Les fourches caudines sont des défilés de montagne, en réalité il n'y a pas eu de bataille. L'armée romaine a été entourée par les Samnites. Les soldats romains ont dû enlever leur vêtements, et ont été pendus sous le joug. Alors, l'armée romaine a été obligée d'accepter des conditions humiliantes. Cet épisode attire ma curiosité. Je fais souvent un détour par des mots.

lundi 7 juin 2021

Un service en vaut un autre

Malgré l'état urgence, mon frère est venu chez ma mère il y a deux semaines. Car, il n'a pas pu participer à la cérémonie pour inhumer le vase funéraire de mon père l'année dernière. Au fait, j'ai proposé à ma mère et mon frère de visiter une statuette Jizô qui se trouve près de la maison de grand-mère. 

Qu'est-ce que c'est la statuette Jizô ? C'est comme un dieu de la route, elle existe aussi pour des enfants qui sont morts à cause de la maladie, la fausse couche, ou l'avortement. À vrai dire, lorsque j'étais petite (environ quatre ans), j'ai marché avec ma mère qui berçait mon frère jusqu'à cette statuette, nous avons prié. Je me suis souvenue de cette chose il y a quelques années. Comme cette mémoire est brumeuse, j'en ai parlé à ma mère. Elle était étonnée. Selon son explication, lorsque mon frère était bébé, il ne dormait pas tellement et pleurait souvent pendant la nuit. Ma mère était très fatiguée tous les jours. Ma grand-mère lui a conseillé de prier devant la statuette Jizô. C'est une sorte de religion populaire. Ainsi, ma mère y allait fréquemment. Cette fois, j'ai demandé à mon frère s'il se souvenait de ce fait. Il ne s'en souvient pas. Lui et moi avons une quarantaine maintenant, ma mère a 73 ans. Nous avons de nouveau prié devant cette statuette Jizô, il y a deux semaines. Elle nous a revus, j'ai imaginé qu'elle a souri dans son cœur. Il m'a semblé qu'elle gardait encore ma famille. Mon frère a demandé à ma mère quand cette statuette Jizô avait été construite. Ma mère lui a répondu: "Je ne sais pas. Mais lorsque ma mère a épousé mon père, cette statuette existait déjà." Donc, 90 ans minimum ont passé. 

Ici, la statuette Jizô m'a évoqué un ancien conte que j'ai appris dans le manuel scolaire. C'est "Kasa Jizô". Quant au synopsis, jadis, un couple âgé habitait dans un village. Au réveillon du nouvel an, le mari va pour vendre des bûches au centre, et après il a l'intention d'acheter des mochis pour accueillir le nouvel an. Cependant, ses bûches ne se sont pas vendues. Un homme qui vend des casquettes tissées en paille lui adresse la parole: "Vous avez vendu vos bûches ? Ces casquettes ne se sont pas tellement vendues. Si vous voulez, troquons ces casquettes contre vos bûches ?" Le mari accepte, et il retourne chez lui. En route, la neige tombe. Le mari passe devant six statuettes Jizô. La neige s'accumule sur leur tête. Et alors, il enlève la neige et met ses casquettes aux statuettes Jizô. Mais, comme une casquette manque, il met la serviette qu'il porte sur la tête à la dernière statuette. Après être retourné chez lui, le mari raconte ce fait à sa femme. Elle lui dit qu'il a bien fait. Ensuite, ils vont au lit. Peu de temps après, ils entendent des bruits bizarres dehors. Puis, ils ouvrent la porte. Il y a des mochis et des légumes. Cela surprend ce couple. Ils voient six statuettes Jizô marcher au loin. Ils les remercient. C'est la fin.

Ce contenu est très pédagogique. Lorsque j'étais écolière, j'ai lu cette histoire, c'était impressionnant. Même si les statuettes Jizô n'ont pas de vie, c'est important qu'on ait une tendre sollicitude. Autrement dit, c'est "Un service en vaut un autre". Ce proverbe est comme un proverbe japonais "情けは人の為ならず(Nasake wa hito no tame narazu)". On le traduit littéralement en français, cela veut dire que "On montre à un autre de la compassion, ce n'est pas bien pour cet autre". C'est franchement faux. Environ 50 % des Japonais se trompent sur le sens. Qu'est-ce que c'est le sens correct ? C'est que "On montre à un autre de la compassion, c'est bien pour cet autre. Cette conduite sera rendu à soi-même un jour". Je pense que ce proverbe est un peu moralisant. La réalité est toujours contradictoire.

Et à part cela, "ならず(narazu)" est la négation dans la langue japonaise contemporaine. En l'occurence le sens correct, "ならず(narazu)" , "なら(nara)" vient de "なり(nari)", c'est l'affirmation. "ず(zu)" est la négation. Cet usage est la langue japonaise classique. Par conséquent, 人の為ならず(hito no tame narazu) veut dire que "c'est bien pour cet autre". Lorsque j'avais dix ans, un instituteur a expliqué ces deux usages grammaticaux dans le cours de japonais. Il a fortement dit aux élèves qu'il ne fallait pas les confondre. Auparavant, ma mère a fait exprès de demander à mon frère ce que ce proverbe voulait dire. Sa réponse était le sens faux. Elle s'est lamentée.

samedi 29 juin 2019

Fait bouillir de l'eau chaude !


À la fin de l'année dernière, j'ai lu "L'histoire de l'art du bleu" qu'une amie m'a recommandé. Auparavant, j'ai vu quelque part le nom de cet auteur Kobayashi Yasuo. Je ne m'en suis pas souvenue. Alors, j'ai cherché son nom sur l'internet. Ce mystère a été subitement résolu. Son épouse est française, France Dhorne. Ce couple a écrit ensemble le livre "日本語の森を歩いて(On marche dans la forêt du japonais)". Je voulais le lire depuis longtemps. Néanmoins, j'ai oublié de le noter sur mon cahier. Après avoir écrit l'article "Un jeu de mots", j'ai entamé cette lecture.

Dans l'introduction, France Dhorne est linguiste, elle a principalement écrit ce livre, en comparant le français et le japonais. Son mari est professeur de philo. Il a traduit en japonais le texte que son épouse avait écrit. Ce couple a discuté sur des sujets du livre. Les Francophones qui apprennent le japonais cognent contre des murs linguistiques, France Dhorne les explique et les analyse soigneusement au moyen de la philologie. En d'autre termes, ce sont les mêmes murs contre lesquels les Japonais qui apprennent le français cognent. En particulier, deux chapitres m'ont intéressé.

Premièrement, c'est une expression japonaise "お湯を沸かして(Oyu wo wakashite)". Cela veut dire que "Fait bouillir de l'eau". Mais, essayons littéralement en français cette phrase. "お湯を沸かして(Oyu wo wakashite)" est "Fait bouillir de l'eau chaude". Absolument, c'est bizarre pour les Francophones. Pourquoi les Japonais ne disent pas "熱い水 (atsui mizu = l'eau chaude)" ? De plus, pourquoi le mot "お湯 (oyu= l'eau chaude)" existe ? Si vous posez de telles questions aux Japonais, ils ne pourront pas répondre. Moi non plus. Selon l'explication du dictionnaire japonais, "お湯(oyu)" est l'eau bouillie. Et alors, l'auteur pense que cette expression japonaise "お湯を沸かして(Oyu wo wakashite)" est contradictoire. Parce que ce signifie qu'on fait bouillir à nouveau de l'eau bouillie, bien que l'eau ait été déjà bouillie.

L'auteur observe deux verbes japonais "沸く(waku)=bouillir" et "沸かす(wakasu)=faire bouillir", et indique que le verbe "沸かす(wakasu)" comporte déjà le verbe "させる(saseru)=faire". Donc, "沸く(waku)=bouillir" et "させる(saseru)=faire" se sont unifiés, c'est le verbe transitif "沸かす(wakasu)="faire bouillir". En français, "bouillir" est le verbe intransitif, pour qu'on le transforme en verbe transitif, il faut utiliser le verbe causatif "faire". Inversement, on transforme un verbe transitif en verbe intransitif, ce sont les verbes pronominaux. Comme ils n'existent pas dans le japonais, lorsque j'ai commencé à apprendre le français, c'était embarrassant.

L'auteur continue d'expliquer un problème qui reste jusqu'à la fin. C'est l'idée de "お湯が沸く(Oyu ga waku = l'eau chaude bout)." Pour le japonais, seulement, "お湯 (oyu= l'eau chaude)" a la nature de "沸く(waku)=bouillir". L'image centrale de "沸く(waku)=bouillir" est basiquement jaillir d'en dessous. Alors, il y a un autre "湧く(waku)",
水が湧く(mizu ga waku)= l'eau jaillit
蛆が湧く(uzi ga waku)= des asticots apparaissent.
"湧く(waku)=jaillir et apparaître" a la même image centrale de "沸く(waku)=bouillir". Mais, ces deux phrases sont utilisées pour un phénomène naturel. "沸く(waku)=bouillir" implique qu'il y a l'action humaine de faire bouillir de l'eau. En conséquence, l'auteur déduit qu'on peut dire en jaoponais "お湯を沸かして"(Oyu wo wakashite) = "Fait bouillir de l'eau chaude".

Deuxièmement, c'est une phrase "捻挫は治った(Nenza wa naotta)". Littéralement, on la traduit en français, par "Mon entorse a guéri". Les Francophones disent que la phrase est bizarre. Ils la corrigent correctement comme cela, "Je suis guéri. Mon pied va mieux". J'ai commis une telle erreur plusieurs fois. L'auteur s'interroge: "Une personne est guérie ? Ou une maladie est guérie ?" Selon son explication, le verbe français "guérir" est dérivé du mot germanique "warjan". Le sens originel signifie "protéger les personnes". Ainsi, la notion du verbe français "guérir" est lié étroitement aux personnes. C'est très instructif pour moi.

Quant au verbe japonais "治る(naoru)=guérir", son sens originel veut dire "se redresser et reconstruire". Il y a une autre "直る(naoru)" qui a la même prononciation. Dans quelle situation ce verbe japonais "直る(naoru)" est utilisé ? Par exemble, タイヤが直った。(Taiya ga naotta = Le pneu est réparé). Dans le cas de ce verbe "直る(naoru)", le sujet est toujours un objet. Le sujet de "治る(naoru)" est une personne ou une maladie. Par exemple, 山田さん治った?(Yamada san naotta) ? = Monsieur Yamada est guéri ? En fait, le sens de cette phrase japonaise est que la maladie de Yamada a guéri. Sa maladie est omise dans cette phrase japonaise. Lorsque les Japonais parlent, ils ne distinguent pas particulièrement ces deux verbes "治る(naoru)" et "直る(naoru)". Mais, il faut radicalement faire l'exercice d'homonyme dans les caractères chinois à l'école au Japon. Par exemple,
厚い本 (atsui hon)  = livre épais
暑い夏 (atsui natsu) = l'été chaud
熱いお茶 (atsui ocha) = le thé chaud
Je pense qu'il y a beaucoup d'homonymes dans le japonais. Il y a quelques années, dans l'interview de Stefan Kaiser qui est professeur en japonais sur internet, il raconte que les caractères chinois sont un luxe dans la langue japonaise et sont un élément de jeu. Ajouté à cela, la quantité de caractères chinois que l'on connait devient une sorte de baromètre de l'intelligence au Japon. Cependant, l'apprentissage de caractères chinois est un gaspillage comme ce prof le dit. Tant de temps ont été dépensés pour cela à l'école primaire et au collège. Si les Japonais n'utilisent pas le caractères chinois, d'abord ils auront du mal à lire le texte qui est écrit seulement en Hiragana. Il leur semble que c'est fade, parce que ce texte manque de modulation.

L'orientation de cet article a dévié. Finalement, le livre "日本語の森を歩いて(On marche dans la forêt du japonais)" m'a donné des nouveaux points de vue entre le français et le japonais. Je souhaite que ce livre soit traduit en français. C'est bénéfique pour les francophones qui apprennent le japonais.

samedi 22 juin 2019

Un jeu de mots

(Ogre)
Le mois dernier, un correspondant français a utilisé "onirique" dans une phrase. J'ai oublié ce mot français. Et après, en le voyant, un caractère chinois a surgi à mon esprit. C'est "鬼"(oni=ogre). Onirique est maintenant devenu "鬼rique". L'image est qu'un ogre joue dans mon rêve. Quelle idée amusante. La manière de lire ce caractère chinois est "oni". Absolument, les Francophones savent que l'étymologie de "onirique" dérive de "Oneiroi" dans la mythologie grecque. 

Au Japon, on utilise des caractères chinois comme équivalent phonétique. C'est simplement un jeu de mots. Dans les années 70 et 80, les bandes de motards utilisaient souvent de tels caractères chinois. Les membres des bandes portaient des costumes spécifiques. Des caractères chinois drôles étaient écrits sur leurs costumes. Présentons deux exemples.

1) よろしく (Yoroshiku)
Cela veut dire "Salue bien". Comment on change le sens de ce mot avec des caractères chinois ? よろしく devient 夜露死苦. Expliquons ces quatres caractères chinois.
夜 = la nuit
露 = la rosée
死 = la mort
苦 = douloureux, pénible, dur etc.
C'est la pagaille. 夜露死苦 s'écarte du sens de よろしく (Salue bien). Mais 夜露死苦 peut se lire "Yoroshiku".

2) あいしてる (Aishiteru)
Cela veut dire "Je t'aime". あいしてる devient 愛死天流. Qui a pensé ça ? Ce 愛死天流 me fait rire. Est-ce que les membres des bandes de motards aiment le caractère chinois "死" ? Ils montent sur une moto et roulent à grande vitesse. Il est normal qu'ils risquent la mort. Expliquons ces quatre caractères chinois.
愛 = l'amour
死 = la mort
天 = le ciel
流 = couler, s'écouler, courir, passer etc.
Ce "愛死天流" est aussi à la fois nul et marrant. Sûrement, "愛死天流" peut se lire "Aishiteru". Je souhaite que les étrangers qui apprennent le japonais n'utilisent pas de tels caractères chinois.

À propos, est-ce que les bandes de motards existent encore de nos jours ? Cette réponse est "non", de telles bandes sont une sorte d'espèces menacées. Parce que ses membres ont vieilli, ils ont leur ménage. Il y a un film documentaire japonais qui concerne une grande bande de motards "Black Emperor". Le titre du film est "God Speed You ! Black Emperor". Je ne sais pas si ce film est sorti dans les pays francophones.


Le cinéaste Yanagimachi Mitsuo a filmé leur mode de vie, la hiérarchie de cette bande, leur relation familiale etc. De temps en temps, leurs sourires étaient innocents. Ce film consiste en une instauration de la confiance entre le cinéaste et des garçons de cette bande. À cette époque, comme le cinéaste était jeune, est-ce qu'ils ont relâché leur vigilance ?

Je considère que ce film est une archive qui témoigne de l'atmosphère d'une époque. C'est précieux sur le plan sociologique. En se focalisant sur ces gens en marge, une ombre de la croissance économique au Japon est montrée. Après la guerre, le Japon a poursuivi avec acharnement l'aisance matérielle. La majorité des pères étaient absorbés par leur emploi, au point de négliger leur famille. Ils pensaient que c'était le meilleur. Certaines mères travaillaient à temps partiel, les autres étaient femmes au foyer. La conversation familiale ne fonctionnait pas suffisamment. Cela a détruit parfois la famille.

Quant au titre du film, un groupe musical à Montréal se nomme comme ce titre. Il y a longtemps, une amie m'a prêté son album "Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven". En voyant le nom du groupe, je me suis demandée si le contenu de ce film documentaire avait plu aux membres de ce groupe. Ou simplement, la résonance linguistique de ce titre ? Je ne sais pas. Leur musique appartient au genre "Post Rock." La musique dépend toujours du goût personnel.

samedi 20 janvier 2018

Un mot à la mode

Au Japon, des mots à la mode sont choisis par une maison d'édition chaque année. L'année dernière, c'était "インスタ映(ば)え"(qui veut dire "être photogénique dans Instagram"). Ce mot reflète la mœurs contemporaine. Je n'ai pas l'intention de critiquer Instagram. Comme l'image franchit toujours les mots, on peut partager des photos dans le monde entier grâce au hashtag en langue etrangère. C'est très bien. En outre, ceux qui utilisent Instagram en tant que journal intime notent n'importe quelle chose. Par exemple, chaque repas, la composition des vêtements, des endroits qu'ils ont visités etc. Les autres peuvent faire référence à ces choses, ces photos sont utiles pour quelqu'un. Primordialement, beaucoup de femmes soutiennent Instagram. Pourquoi ? J'ai essayé de réfléchir à plusieurs raisons.

Premièrement, la majorité des photos dans Instagram me paraissent être des pages de magazine de mode. Est-ce que Instagram comportait à l'origine un tel élément ou est naturellement devenu petit à petit comme des magazines de mode, grâce aux célébrités mondiales ? Le smartphone se propage, n'importe qui peut prendre une photo, n'importe quand. Ajouté à cela, on peut imiter facilement le style des magazines de mode, à part le niveau de techniques photographiques. Mais, sur le plan de la technique, ce niveau peut être compensé par des applications excellentes.

Deuxièmement, la vanité de certains gens est stimulée par des photos d'Instagram. Ils veulent se faire remarquer et rivalisent sur le nombre de leurs abonnés et de "Like" pour satisfaire leur désir d'approbation. Ceux qui se rendent fortement dépendants d'Instagram achètent parfois des produits de luxe après avoir été endettés. L'être humain veut toujours prendre une position plus supérieure que les autres. Il exhibe ses possessions aux autres. Est-ce que Instagram est un moyen rapide ?

De plus, il y avait un article étonnant sur internet l'année dernière. Selon l'article, deux filles ont pris des photos de deux glaces chez un glacier réputé pour Instagram. Et pourtant, elles n'en ont pas mangé, ces glaces ont été jetées dans la poubelle. Cet événement est arrivé au Japon. Dans un coin du monde, des gens sont moribonds à cause de la famine. Si on était sous la guerre, ces deux glaces seraient trop somptueuses. Le taux d'autosuffisance alimentaire est très bas au Japon, l'alimentation est précieuse. Ces filles sont stupides à tel point qu'elles ne peuvent pas imaginer de telles choses ? Le système scolaire japonais engendre ces filles, la société japonaise fait se multiplier ce type de gens ? C'est un signe du déclin de Japon ? Les Japonais sont-ils devenus prétentieux ?

samedi 16 décembre 2017

Le papier blanc / Salam

Je tire mon chapeau à ces deux histoires courtes ("Le papier blanc" et "Salam"). Elles ne sont pas sorties dans des pays francophones. Car, Shirin Nezamnafi (Iranienne) les a écrites en japonais. En 1999, cet écrivain est entrée à l'université de Kobe. Six ans après, elle a écrit l'histoire "Salam" et gagné un prix de littérature pour les étudiants étrangers. Est-ce que le niveau de japonais augmente jusqu'à ce niveau pendant cinq ou six ans ? Par hasard, j'ai trouvé son article "Apprendre le Japonais" du site Nippon. com. Sa façon d'étudier est présentée. Elle regardait souvent des émissions de variétés, elle a pu apprendre des caractères chinois et des mots japonais grâce aux sous-titres en japonais. C'est efficace. Lorsque j'étais en France, il n'y avait pas de sous-titres en français, j'avais du mal à comprendre. Pourquoi les émissions japonaises ajoutent toujours des sous-titres en japonais. C'est pour insister ? Ou, les Japonais sont-ils presque idiots, les sous-titres en japonais sont de la générosité ?

Quant à l'intrigue du "Papier blanc", une lycéenne a déménagé dans un petit village pour le travail de son père (médecin). Sa famille a quitté la capitale Téhéran. En Iran, les classes se séparent en sexe jusqu'au lycée. L'héroïne éprouve de l'affection pour un lycéen intelligent. Dans la société islamique, la façon de communiquer entre ces deux jeunes est très difficile. Heureusement, ce lycéen emmène sa mère malade chez l'héroïne pour un diagnostic. Le père de l'héroïne est régulièrement envoyé au champ de guerre, il retourne plusieurs fois par semaine chez lui. Alors, les jeunes construisent petit à petit une relation d'une sorte d'amour. Ce lycéen passe l'examen d'entrée à l'université de Téhéran pour devenir médecin. Mais, son père est parti à la Guerre Iran-Irak en tant que soldat. L'armée irakienne attaque durement, beaucoup de soldats iraniens s'enfuient. Son père aussi a fui, et il a disparu, malgré qu'il soit considéré comme un soldat brave dans ce village. Il a spontanément participé à cette guerre. Le lycéen et sa mère étaient fiers de lui jusqu'à cet événement. Dorénavant, le ycéen hésite à entrer à l'université, il réfléchit à devenir soldat comme son père pour essuyer ses insultes. Moi, j'ai grandi dans un pays paisible, leur situation est inimaginable. Je prends le métro, et je vois qu'un lycéen et une lycéenne sont habillés en uniforme scolaire qui papotent. C'est simplement un spectacle de la vie quotidienne au Japon.

À propos de "Salam", cette histoire est très triste. Leila a rendu visite à son oncle qui habite au Japon, lors de la Guerre civile en Afghanistan. Sa mère a été tuée par des talibans. Son père est obligé de combattre contre les talibans pour protéger son pays en tant que commandant. Elle dépose une demande d'asile à l'aide d'un avocat japonais (Monsieur Tanaka) et d'une organisation pour les réfugiés. L'avocat ne comprend pas et ne parle pas le persan, et puis une interprète iranienne (protagoniste) est employée par lui. Ils interrogent Leila sur la situation de sa famille. Au début des visites, elle ne parle pas tellement. Avec le temps, Leila ouvre son cœur grâce au zèle de l'avocat. Ironiquement, les attentats du 11 septembre arrivent. En dépit de cette circonstance désespérée, cet avocat ramasse des preuves sur la famille de Leila pour la demande d'asile, il ne se résigne jamais. Finalement, sa demande d'asile est refusée.

Selon la statistique de l'année dernière par le ministère de la Justice au Japon, le nombre de demandes d'asile était 10,901 personnes. Seulement 28 personnes ont été autorisées, le taux d'autorisation est moins de 1 %. Le Japon est critiqué parfois par les autres pays. Le statu-quo au Japon émerge à travers le regard de cet écrivain. Son style d'écriture en japonais est simple, elle ne peut seulement qu'écrire sur ces sujets. Je pense qu'il vaut mieux que les Japonais les lisent. Cette histoire de "Salam" symbolise justement un mur de frontière. L'interprète permet d'entrer dans le monde arabe et dans le Japon. Cela m'intéresse. La scène finale de "Salam" vous frapperait sans doute.

jeudi 3 novembre 2016

Le jujubier

Une amie que j'ai vue à Tokyo le mois dernier m'a offert des fruits du jujubier. Maintenant, car j'écris cet article, car j'ai découvert pour la première fois le mot "jujubier". Elle m'a conseillé de les infuser et d'en boire pour la santé. Il se trouve que je n'ai jamais mangé de fruits du jujubier jusqu'à maintenant. Cette forme ressemble à celle du lycium qui est utilisé dans le dessert chinois "la gelée d'amande". Mais ces deux tailles sont différentes. L'arôme est très doux, ça sent bon. J'ai un peu bu du thé de jujubier. Le goût était plat, j'ai ajouté du miel. C'est très bon. Récemment j'ai souvent mal à tête, je souhaite que cette tisane soit efficace pour cela. Il vaut mieux plutôt boire une tisane de camomille ?

la gelée d'amande
En outre, en disant que mon article "L'unité" était intéressant, cette amie m'a donné deux photocopies qui concernent l'unité en chinois. Selon son explication, l'unité en chinois est plus précise qu'en japonais. Quand je lis à nouveau ces papiers, cette notion de l'unité m'étonne. Par exemple, "把 (wa)" est utilisé au Japon. Quelques épinards sont emballés en gerbes et vendus au supermarché. Dans le cas du chinois, un objet avec une poignée (ex.parapluie, chaise, éventail) utilise "把". Alors, "1把傘", "1把椅子", et "1把扇子" en chinois. Cela me perturbe. Car, en japonais, on utilise "本 (hon)": un parapluie est "傘1本", et un éventail "扇子1本". Et on utlise "脚 (Kyaku)":  une chaise est "椅子1脚"  en japonais. Au Japon, quand on compte des objets qui ont la forme longue et étroite, "本 (hon)" est utilisé. En cas de "脚 (Kyaku)" comme une chaise ont quelques pieds (脚), alors une chaise est "椅子1脚 ". C'est très bizarre. Je suis aussi gênée à cause de la manière d'utiliser "匹" en chinois. Le cheval utilise "匹 (hiki)", un cheval est "1匹馬". En japonais, c'est "馬1頭". Généralement, pour la taille de petits animaux qui est plutôt petit (chat, chien, grenouille etc.), on utlise "匹" en japonais. Alors, quelle unité est utilisée pour un chat et un chien en chinois ? c'est "只 (tada)", un chat est "1只猫", un chien est "1只狗". Pourquoi "只" est utilisé ? Au Japon, il n'y a pas de cette unité. Mais, "只" existe en tant que caractère chinois, cela veut dire "gratuit". C'est amusant de comparer ces deux langues. Si vous voulez connaître l'unité en détail, regardez "Les classificateurs en chinois" s'il vous plaît.

Alors, je me suis demandée comment on compte des objets en coréen. J'ai posé cette question à ma collègue qui avait appris le coréen en tant que deuxième langue à l'université. Elle m'a brièvement expliqué. L'unité en coréen existe comme en japonais. Cependant, il y a deux types de nombres (les nombres sino-coréens et ceux d'origine coréenne). Qu'est-ce que c'est ? Elle a continué de les expliquer. Par exemple, la date, le temps (minute et seconde), la monnaie, le numéro d'adresse etc. utilisent les nombres sino-coréens. L'âge, le temps (heure) et la fois etc. utilisent les nombres d'origines coréennes. C'est trop difficile pour moi. En apprenant le coréen, on doit s'habituer à ces deux types de nombres. C'est vraiment les mystères des langues.

vendredi 21 octobre 2016

Théâtre national du nô

(J'ai collé cette photo de wikipedia japon.)
Je suis allée au théâtre national du Nô à Tokyo la semaine dernière. Franchement, avant que je dîne avec une amie et son mari qui se sont mariés en 2015 , j'ai vu une pièce de Kyogen et de Nô. J'y suis déjà allée il y a plus de dix ans. Cette fois, une chose étonnante est arrivée. C'était quoi ? Ce sont les sièges du théâtre qui ont été rénovés, on peut regarder un petit écran pour les sous-titres (en anglais et en japonais) comme dans l'avion. Dans quatre ans, les Jeux Olympiques ont lieu à Tokyo, la culture traditionnelle aussi envisage devrait les touristes étrangers. Le Nô est plus sobre que le Kabuki. C'est difficile de comprendre le Nô, même pour les Japonais. Et alors, je trouve que le petit écran pour les sous-titres est pratique, cependant les spectateurs risquent de trop le regarder, mais l'important est de voir la scène. Je ne pense pas que le chiffre des spectateurs étrangers augmente facilement. Mais Tokyo est exceptionnel, le niveau de citoyens cultivés est le plus haut au Japon, c'est normal que cette ville soit la capitale. Il est impossible pour les autres villes de combler un théâtre du Nô avec des spectateurs. Comme les jeunes doivent payer les frais de smartphone chaque mois, le billet de Nô coûte minimum environ 37 euros. Même si certains jeunes s'intéressent au Nô, ils y renoncent à cause de ce tarif.

En outre, les cours de japonais diminuent à l'école primaire et au collège dans le curriculum scolaire que le Ministère de l'éducation a déterminé. Selon la direction du gouvernement japonais, on parle le japonais dans la vie quotidienne, ce n'est pas nécessaire d'augmenter les cours de japonais, les élèves sont obligés d'apprendre l'anglais dans la concurrence sur le marché mondial. Le pays dédaigne sa langue maternelle, est-ce que sa culture sera protégée dans l'avenir ? Et par qui ? Les Japonais ne comprennent pas la culture traditionnelle par la langue maternelle, comment la présentent-ils aux étrangers ? C'est contradictoire ?

jeudi 13 octobre 2016

C'est radical ?

Est-ce que vous connaissez Hideo Levy ? Il y a plus de dix ans, après avoir lu son livre d'essais "Ma chambre d'écriture le japonais (日本語を書く部屋)", j'ai éprouvé un vertige léger. Hideo Levy est Américain, et il a passé son enfance à Taiwan (son père était diplomate). Presque tous les Japonais ne peuvent pas écrire le japonais que cet auteur écrit, avec le style à facettes, en utilisant habilement les mots anciens de Yamato. On dit que la différence entre l'anglais et le japonais est trop frappante. Comme Hideo Levy était professeur de l'Université aux Etats-unis, il a disséqué le Man'yōshū (万葉集, recueil de dix mille feuilles). Je veux déplore parfois mon niveau de français, mais son livre m'en interdit.

Hideo Levy a écrit en japonais un roman en 1992, certains Japonais y ont résisté. Pourquoi ? Parce qu'ils pensent que seulement les Japonais possèdent la langue japonaise, . Quel orgueil !! Alors, nous (les Japonais) considérons que les occidentaux ne peuvent pas facilement apprendre le japonais !! En fait, il y a des experts occidentaux en  japonais comme lui. Probablement, je me demande si les Japonais ne souhaitent pas que la langue japonaise soit donnée au monde occidental, et s'ils veulent accaparer le japonais.

Cet été, j'ai lu son autre livre "Mon japonais (我的日本語)". Il affirme qu'écrire en japonais est radical pour lui. Il indique que "I" n'est que "I" en anglais, mais il y a des variations de "I" en japonais. Je n'y avais jamais pensé. C'est trop naturel pour moi. Combien de "I (Je)" en japonais ? "私","僕","俺","我","吾","余", et "拙者" etc., tous ces caractères chinois sont traduits par "Je". En outre, cet auteur dit que l'on peut écrire "私" en Hiragana et en Katakana, donc "わたし" (Hiragana) et "ワタシ" (Katakana). Cette distinction apporte certainement une nuance. Par exemple, un garçon donne une réplique dans une BD ou un roman, "ぼく" et "ボク" sont utilisés souvent, ils comportent un élément enfantin plus que "僕" (caractère chinois). Hideo Levy utilise et écrit un tel japonais, c'est un excitation bilingue.

Paradoxalement, j'écris en français cet article, est-ce radical ? Lorsque j'écris en français, je dois utiliser trop de "Je", je me sens mal à l'aise à cause de cela. Dans la conversation en japonais, je n'utilise pas tellement "Je". Ce n'est pas nécessaire, l'utilisation de "Je" est plutôt pour insister sur mon être. Ici, je me souviens du livre "Vers l'extérieur du japonais" (日本語の外へ) de Kataoka Yoshio (écrivain et traducteur). Dans ce livre, la relation entre le locuteur (je) et l'interlocuteur (tu, vous) change et dépend de chaque situation, les mots qui signifient le locuteur et l'interlocuteur existent à l'infini, de telles choses sont écrites. En somme, la relation humaine (la hiérarchie) reflète la variation du sujet (私, 僕, 俺 etc.) C'est embêtant.

L'apprentissage de la langue étrangère provoque de temps en temps une réaction chimique dans un sens. La sensation des mots dans la langue maternelle qu'on a obtenu jusqu'à maintenant peut être bouleversée. Hideo Levy raconte un épisode qui concerne cette sensation des mots. Il aspirait au Man'yōshū, quand il a visité Nara pour la première fois, à ses 19 ans, mais il a été déçu devant la montagne d'Amanokaguyama (天香久山) qui se trouve à Nara. Il a eu l'impression que cette montagne était comme une colline. Je crois que cet auteur ne devait pas saisir le moyen d'expression "見立て (mitate)" à cette époque-là. Qu'est-ce que c'est "Mitate" ? J'essaie de vous l'expliquer brièvement. On dit que le jardin japonais représente le paysage naturel. Par exemple, la ride d'une plage représente une vague de la mer et un courant de la rivière. On accumule de la terre, on en fait comme une petite montagne, de plus on la fait couvrir de mousse. Ce paysage est extrêmement artificiel, mais nous (les Japonais) éprouvons l'essence de la nature. Même si la montagne d'Amanokaguyama était comme une colline, nos devanciers imaginaient la montagne grandiose. Dans mon cas, lorsque j'ai vu le jardin des Tuileries et celui de Versailles que Le Nôtre a jadis conçus, c'est évidemment beau, néanmoins j'avais du mal à m'assimiler à ces jardins.

À propos, Hideo Levy a visité Taiwan, ça fait 52 ans, ce voyage a été tourné en tant que film documentaire. C'est dommage que je l'aie raté. J'aimerais le voir, il n'y a pas ce DVD à la bibliothèque municipale. J'ai vu cette bande annonce plusieurs fois. Et puis, je ne sais pas pourquoi, j'aimerais voir encore une fois le film "Un temps pour vivre, un temps pour mourir" de Hou Hsiao-hsien.

mercredi 5 octobre 2016

L'unité

Il y a quelques semaines, un correspondant m'a envoyé un courrier, ce titre était "りんご 2個 (deux pommes)". Lorsque l'on compte un objet en japonais, on a besoin de chaque unité. Par exemple, trois livres (本3冊 ou 3冊の本) , quatre crayons (鉛筆4本 ou 4本の鉛筆), cinq chats (猫5匹 ou 5匹の猫), comme ça. L'unité est changée par l'objet. Alors, "りんご 2個", ça va. Précisément, c'est "りんご 2玉". Le "玉" est généralement utilisé l'objet rond (le chou, l'oignon, la pastèque, la laine etc.). C'est trop compliqué pour les étrangers. Quand j'étais enfant, la chanson (いっぽんでもニンジン) qui concerne cette unité était diffusée dans une émission de télé pour les enfatns. Je vous la présente.

J'ai essayé de traduire ces paroles en français. Mais, ce n'est pas intéressant. Car, c'est un problème de son du japonais. Le premier son de l'objet présente le chiffre suivant.


1(いち) いっぽんでも ニ(2)ンジン
Même s'il y a une carrote, c'est la carrote.

2(に) にそくでも サン(3)ダル
Même s'il y a deux sandales, c'est la sandale.

3(さん) さんそうでも ヨ(4)ット
Même s'il y a trois yachts, c'est le yacht.

4(よん) よつぶでも ゴ(5)マシオ
Même s'il y a quatre sésames, c'est le sésame.

5(ご) ごだいでも ロケ(6)ット
Même s'il y a cinq roquettes, c'est la roquette.

6(ろく) ろくわでも シチ(7)メンチョウ
Même s'il y a six dindes, c'est la dinde.

7(しち) しちひきでも ハチ(8)
Même s'il y a sept abeilles, c'est l'abeille.

8(はち) はっとうでも ク(9)ジラ
Même s'il y a huit baleines, c'est la baleine.

9(きゅう) きゅうはいでも ジュ(10)ース
Mêmes'il y a neuf verres de jus, c'est le jus.

10(じゅう) じゅっこでも イチ(1)ゴ
Même s'il y a dix fraises, c'est la fraise.

 イチゴ (fraise) ニンジン (carrot) サンダル (sandale)
 ヨット (yacht) ゴマシオ (sésame) ロケット (roquette)   
 シチメンチョウ (dinde) ハチ (abeille)
 クジラ (baleine) ジュース (jus)

★ une répétition

いっぽん (un carrot) にそく (deux sandales) さんそう (trois yachts)
よつぶ (quatre sésames) ごだい (cinq roquettes) ろくわ (six dindes)
しちひき (sept abeilles) はっとう (huit baleines)
きゅうはい (neuf verres de jus) じゅっこ (dix fraises)