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lundi 11 mai 2026

La procession 2

Cet article est la suite de l'article précédent.

Un long pont de la procession (environ 100m) pour aller et retourner a été déjà installé. J'ai imaginé où était la meilleure position pour voir la procession, c'était difficile. J'ai visité le bâtiment central qui est aussi un trésor national. Dans ce temple, l'idole principale n'est pas la statue de bouddha, mais une tapisserie de mandala, un tel temple est très rare. Le mandala installé est le deuxième, ce mandala a été créé (imité) dans l'ère de Muromachi(1337–1392). Comme un filet était mis sur le mandala, je n'ai pas tellement pu le voir en détail. L'apparence de quelques bouddhas était vaguement vue. Un piédestal de ce mandala a été offert par Minamoto Yoritomo(1147-1199), c'est aussi un trésor national. Des panneaux "Ne pas toucher !" étaient accrochés sur le mur. J'ai visité un autre bâtiment, un moine a brièvement expliqué l'histoire de ce temple et de 中将姫(Chūjō-hime). Il a raconté comme ça: "La majorité des gens pensent que, comme la princesse était un membre de la famille aristocrate, les bouddhas l'ont accueillie. C'est une faute. Si tout le monde récite 南無阿弥陀仏(Namu Amida Butsu signifie "Gloire au Bouddha Amida"), les bouddhas nous accueilleront. Tout le monde a beaucoup de désirs terrestres, seulement aujourd'hui, jour de la procession, priez pieusement comme 中将姫(Chūjō-hime) et récitez 南無阿弥陀仏(Namu Amida Butsu), s'il vous plaît. Par exemple, quand vous sortez de la porte du temple après la procession, vous vous demanderez s'il y a un bon restaurant etc. Dans mon cas, lorsque je vois une connaissance qui monte dans une voiture de luxe, je l'envie. C'est un être humain." Des masques de bouddha pour la procession étaient exposés sur une table, on a pu essayer de porter ce masque. J'ai porté un masque de bouddha, un moine m'a dit: "Dites 南無阿弥陀仏(Namu Amida Butsu)", un autre moine m'a pris en photo avec mon smartphone. Ensuite, j'ai visité une annexe de ce bâtiment, il y avait une grande salle, des personnes qui se déguisaient en bouddha attendaient et préparaient la procession. À vrai dire, j'ai pensé que les personnes qui se déguisaient en bouddha étaient moines jusqu'à il y a plusieurs années. Pourtant, les personnes sont des habitants de la préfecture de Nara et des membres de 菩薩講(un groupe de Bodhisattva) de l'organisation du temple. Dans un sens, la procession est soutenue par de tels citoyens. Néanmoins, elle est continue depuis plus de mille ans. C'est vraiment magnifique. J'ai imaginé que les frais de l'entretien des vêtements coûtaient chers. Et après, j'ai déambulé dans le jardin et dans des autres petits bâtiments.


Entre-temps, une heure avant la procession, j'ai pris un espace près du pont qui est proche du bâtiment central. En étant debout, j'ai attendu presqu'une heure avant le commencement. Au fur et à mesure que le temps passait, le nombre des spectateurs a augmenté. À 16 heures, un sanctuaire porté vide est parti du bâtiment central sur le pont, ensuite une file de moines vers 娑婆堂(syabadō est un pavillon du monde présent), une file d'enfants avec leurs parents a marché. Et après une file de 23 bouddhas et de leurs accompagnateurs. En faisant des gestes dynamiques, deux bouddhas ont marché. La musique religieuse et la récitation de sutras étaient diffusées. Ils sont arrivés à 娑婆堂(syabadō) pour accueillir 中将姫(Chūjō-hime), un bouddha qui a fait des gestes dynamiques a emporté une petite statue de Chūjō-hime, il marchait de nouveau sur le pont. Le rayon du crépuscule faisait briller des masques des bouddhas en couleur d'or. Il m'a paru que ce spectacle reflétait le paradis. Plusieurs personnes autour de moi ont dit "c'est beau". Autrefois, il n'y avait pas tellement de divertissement, je me suis demandée si cette procession avait joué le rôle d'un théâtre. J'ai pu voir cette procession, maintenant mon vœu de nombreuses années est comblé. J'ai pris un congé pour cela, le lendemain, mon travail s'était entassé. C'était exactement un enfer.

dimanche 3 mai 2026

La procession 1

Le 14 avril, je suis allée à Katsuragi qui se trouve dans la préfecture de Nara. À vrai dire, je voulais voir la procession des bodhisattva accueillant une âme au paradis dans le 当麻寺(Taima-dera=temple). Cette procession a lieu seulement une fois chaque année. Elle continue depuis 1005. Dans l'époque de Nara(710-794), 中将姫(Chūjō-hime) est princesse de sang noble, cependant sa mère est morte, sa belle mère n'est pas gentille. Elle la maltraite. Et alors, elle décide de devenir moine à ses 16 ans dans le temple Taima. Elle tisse un Mandala du bouddhisme de la Terre pure. Lorsqu'elle a 29 ans, des boudhhas accueillent son âme au paradis, et elle meurt. Cette procession représente cet événement. La saga de la princesse est connue. Lorsque j'étais écolière, j'ai pu connaître la procession du temple grâce à une émission de NHK. Le titre de l'émission était "Le voyage de trésor national". Dans le temple Taima, le Mandala dont en lui attribue le tissage est un trésor national, de plus le bâtiment principal du temple aussi. La procession a été présentée dans l'émission "Le voyage de trésor national" J'ai eu l'impression que la procession était bizarre et intéressante. Parce que 25 personnes se déguisent en bouddha, chaque masque était comique pour moi à cette époque-là. Je suis devenue adulte, j'ai oublié cette procession. Pourtant le film "死者の書(Shisya no syo=Le Livre du mort)" de Kihachirō Kawamoto me l'a évoquée. Ce film décrit la vie de 中将姫(Chūjō-hime), un maître de nō chante des paroles de la pièce de nō "当麻(Taema)" dans le film. C'est dommage que j'aie raté plusieurs fois une représentation de nō "当麻(Taema)" jusqu'à maintenant. Malgré le drame de marionnettes de ce film, le sentiment de la foi de 中将姫(Chūjō-hime) pour le bouddha qui la pousse à tisser un Mandala est sublimement exprimé. Le film est basé sur le livre "Le Livre du mort" d'Origuchi Shinobu. Je ne savais pas pourquoi cet écrivain avait écrit sur cette princesse. Mais, j'ai visité le temple cette fois, un monument d'un haïku qui est une sorte de poésie japonaise d'Origuchi est installé dans le temple, j'ai lu une légende qui était installée à côté du monument. Origuchi a passé plusieurs années dans ce temple. J'ai involontairement dit: "Ah, c'est cette chose qui lui a donné une occasion d'écrire "Le Livre du mort".


À propos, le temple Taima était un peu loin de Nagoya, plutôt c'est un peu difficile d'aller en transport commun. La station de Taima est en général sans pilote. Trois correspondances dans la ligne de Kintetsu pour y aller sont nécessaires. Ça m'a pris deux heures et demi. Ce jour-là, le 14 avril, je suis arrivée à la station de Taima à peu près vers 11 heures. Une pâtisserie japonaise est près de la station, il y avait déjà une queue pour acheter des mochi d'armoise. Tout le monde savait que le mochi serait epuisé après la procession. Alors, j'ai acheté des mochi pour ma mère. Comme la procession commençait à 16 heures, j'ai passé voir une petite exposition sur le sumo dans Kehayaza. Franchement, je ne suis pas tellement admiratrice du sumo. Ce qui m'a surprise, c'était un ring de sumo équipé. Ce ring était grand. Six guides qui ont la soixantaine ou plus m'ont expliqué que ce ring était de la même taille que le ring officiel. Ils m'ont demandé si je suis venue pour la procession du temple. Je leur ai dit "oui". De plus, ils m'ont conseillé qu'il valait mieux prendre un espace autour de moi une heure avant le commencement da la procession. Jadis la procession avait lieu le 14 mai, cependant le mois a changé depuis 2019 à cause du réchauffement. Les personnes qui se déguisent en bouddha risquent l'insolation. Le changement du mois était polémique. Originairement, le 14 mai est la date de la mort de la princesse. Le changement de la nature a ironiquement changé le mois de la procession.

Et après il fallait déjeuner. La température était 24 degrés, il faisait chaud. Je voulais manger des nouilles de sarrasin, je suis allée à un restaurant, une femme était devant le restaurant. Je lui ai demandé: "Vous attendez, n'est-ce pas ?" Sa réponse était :"Oui, mais, environ 20 places sont occupées. Après que tous les clients ont fini de manger, une serveuse va nous (les prochains clients) guider et nous faire entrer." J'ai dû attendre plus de trente minutes. Mais, quelques clients aussi ont fait la queue. On a bavardé. C'était amusant pour tuer le temps. Après avoir mangé des nouilles de sarasins, je suis entrée dans le temple Taima. 

samedi 4 mai 2024

La nuit printanière vaut mille lingots d'or

Je suis allée à Nara pour une représentation de nō. Depuis longtemps, je voulais y aller pour cela. Il y a cinq écoles dans le shite qui est le protagoniste principal, c'est "観世(Kanze)", "宝生(Housyō)", "金剛(Kongō)", "金春(Konparu)", et "喜多(Kita)". Konparu était jadis siégeait à Nara. Alors la représentation a régulièrement lieu chaque année. J'habite dans la banlieue de Nagoya, Nara est moins commode que Kyoto. La durée plus courte dans le moyen de déplacement est l'utilisation de Shinkansen Nagoya-Kyoto et de l'express Kyoto-Nara de la ligne de kintetsu, le totale est environ une heure quarante minutes. Ce jour-là, j'ai marché sous une averse jusqu'àu théâtre de nō. J'ai passé devant le kōfuku-ji, le tōdai-ji, le musée national de Nara. Comme je n'avais pas de temps pour les visiter, c'était dommage. De nombreux lycéens en uniforme scolaire (environ cent) venaient au théâtre de nō dans le cadre du cours. Cela m'a étonnée. Plusieurs professeurs ont averti deux élèves dans le foyer du théâtre : "Ne cours pas !"

Cette fois, deux pièces de nō et une pièce de kyōgen ont été jouées. La première pièce était "小袖曽我(kosode soga)". "小袖 (kosode)" est une sorte de kimono, "曽我(Soga)" est un nom de famille. Quant au synopsis, deux jeunes frères de la famille Soga décident de venger leur père. Ils vont voir leur mère avant la vengeance. Pourtant elle refuse de voir le petit frère, car il a désobéi à un ordre de sa mère qui voulait qu'il devienne moine. Elle ne l'accepte pas résolument. Ces deux frères lui expliquent une vengeance planifiée et essaient de persuader leur mère. Finalement, elle leur pardonne. Ils célèbrent le départ pour la vengeance et boivent un coup de saké. Les deux frères dansent devant elle, elle pense que cela peut être la dernière fois, il est possible qu'ils ne reviennent pas vivants. En pleurant, les frères s'en vont. C'est la fin. Le shite principal et le shite secondaire ne portent pas un masque de nō. On dit que c'est "直面(hita men)" qui veut dire "masque direct". La danse des deux frères était vaillante, mais il y avait un élément mélancolique. Dans la danse, le mouvement des deux frères était presque en parfaite harmonie. J'ai imaginé que ces maîtres de nō avaient pratiqué beaucoup de répétitions. Tout à l'heure, j'ai su qu'ils étaient frères en réalité. Cela s'est reflété dans leur danse. En voyant la scène finale, j'ai imaginé que certaines mères regardaient maintenant aussi leur fils partir en tant que soldat dans le monde. Cela m'a fait mal au cœur.

La deuxième pièce est "清水(Shimizu)", cette pièce de kyōgen était très drôle. Je me suis demandée si la majorité des lycéens dans le théâtre de nō ont pu s'amuser. J'ai omis son intrigue, parce que je veux écrire sur la troisième pièce "西行桜(Saigyō zakura)". "西行(Saigyō) était moine, de plus c'était un poète fameux. "桜(zakura)" est "Sakura(=cerisiers)". Auparavant, j'ai vu cette pièce à mes 28 ou 29 ans. Bien que je connaisse déjà cette histoire, j'ai lu de nouveau le texte de cette pièce. Saigyō habite dans un ermitage. Lorsque les fleurs de cerisiers sont florissantes au printemps, il aime les voir tranquillement. Un jour, un groupe de citadins de la capitale vient pour voir les cerisiers de Saigyo. Il est dérangé par eux, mais il l'accepte, car ils sont venus ici exprès. Et puis, il récite une poésie, ce contenu est que des gens s'assemblent naturellement pour voir des fleurs de cerisiers, c'est un péché de cerisiers.

Ce soir, Saigyō somnole un peu au bas de cerisiers, une personne âgée apparaît, elle lui dit que, comme les arbres et les herbes n'ont pas d'âme, les fleurs n'ont pas de péché. Elle conteste la poésie de Saigyō. Il est convaincu, mais il lui dit: vous dites cette logique, vous êtes peut-être une fée de cerisiers, n'est-ce pas ? Cette personne âgée lui répond : Je suis une fée de vieux cerisiers comme vous avez dit, les fleurs ne parlent pas, je voulais clarifier que les fleurs n'ont pas de péché. La fée jouit de cette rencontre avec Saigyō. En étant respectueuse de la nuit printanière qui vaut mille lingots d'or, elle danse. Peu de temps après, Saigyō se réveille, l'apparence de la fée disparaît calmement avec les fleurs qui commence à tomber. C'est fini.

Après avoir vu cette pièce, il m'a semblé qu'elle était simple et avait fini trop tôt. La pièce "西行桜(Saigyō zakura)" est composée par Zeami. Pourquoi la fée de vieux cerisiers apparaît ? Est-ce qu'elle n'est pas de jeunes cerisiers ? Les fleurs florissantes et le printemps m'évoquent la jouvence, qu'est-ce que c'est l'intention de Zeami ? Je me demande s'il voulait contraster le vieillissement, la fraîcheur du printemps et la beauté du spectacle des cerisiers en fleurs. Par ailleurs, la période des fleurs de cerisiers est très courte. Le vent souffle ou il pleut, ces fleurs tombent si tôt, comme si des jeunes expérimentaient des évènements amers dans la vie, ils éprouvent de l'écoulement des jours, et ils vieillissent. Est-ce que Zeami a voulu suggérer aux spectateurs un tel aspect ?

Quand je sortais du théâtre de nō, les lycéens s'alignaient comme l'armée. Un professeur leur a dit à haute voix: "Cette représentation était très longue pour vous. Écrivez votre compte rendu sur la représentation, la date limite est ce mercredi." J'ai vu que plus de la moitié des lycéens avait dormi, c'est normal. Pourtant j'ai souhaité qu'un pour cent des élèves s'intéressent au nō.

mardi 15 janvier 2019

Le Kōfuku-ji

À la fin de l'année, la famille de mon frère est venue chez ma mère. On est allé à Nara.  Parce que mon frère voulait faire voir à ses enfants des temples célèbres dans le manuel scolaire. Comme on n'a pas logé, on a pu seulement visiter trois temples, le Tōdai-ji, le Kōfuku-ji, et le Tōshōdai-ji.

Mon frère a offert à sa fille le roman "La Tuile de Tenpyô" d'Inoué Yasushi, lors de Noël. Dans le Shinkansen, elle le lisait un peu, une somnolence l'a envahi. Il y a beaucoup de caractères chinois dans ce livre, en fait, je pense que la majorité des collégiens ont un peu de peine à le lire. Moi aussi autrefois. J'ai visité le Tōshōdai-ji dans ma vingtaine. La grande réparation du toit de Kondō (金堂) était en cours, c'était dommage. Cette fois, cette réparation était finie. Le Kondō avait une atmosphère élégante. La simplicité raffinée de cette architecture m'a plu. J'étais très satisfaite de cette visite.

Quant au Tōdai-ji, deux statues colossales en bois dans la grande porte sud nous ont souhaité la bienvenue, nous avons passé sous cette porte. Le Daibutsu-den est érigé, et le grand bouddha est installé dedans. Je voulais visiter des autres bâtiments dans le Tōdai-ji. (Le kaidan-in, le Nigatsu-dō, le Hokke-dō etc.) Le temps nous a manqué. Ma mère nous a raconté une anecdote idiote. Quand elle était collégienne, lors du voyage scolaire, elle est allée à Kyoto et Nara. Les élèves sont partis en randonnée dans le mont Wakakusa qui se situe à l'est du Tōdai-ji. Elle est tombée comme un bonhomme de neige sur le mont, on a vu sa culotte. Elle avait honte. Un homme inconnu l'a arrêté. Ma mère n'était pas blessée. Cette histoire, c'est son cheval de bataille. Je l'ai entendu depuis mon enfance.

Le Kōfuku-ji était important pour moi. À vrai dire, je n'avais jamais visité ce temple auparavant. Mais, en 1998, je suis allée au musée municipal pour voir des trésors nationaux du Kōfuku-ji. La statue de l'asura de ce temple est très connue. Sa figure et sa silhouette sont sublimes, bien que l'asura soit simplement un des huit protecteurs du bouddhisme. De plus, ces huit protecteurs sont des dieux du paganisme. Le Kōfuku-ji possède beaucoup de trésors nationaux. Dans l'ère Meiji, ce temple a failli être ruiné à cause d'Haibutsu Kisyaku où le gouvernement japonais a aboli le bouddhisme et détruit les statues de Shakyamuni. C'était complètement fou. Ernest Fenollosa a protégé ces trésors nationaux et sauvé ce temple. On peut les voir de nos jours grâce à lui. Il est véritablement un messie de l'art japonais. Je ne savais pas que le musée des trésors nationaux dans le Kōfuku-ji avait été rénové en 2018 pour des travaux de résistance au séisme.


Alors, j'ai pu voir de nouveau ces trésors nationaux, 20 ans plus tard. Maintenant, mes cheveux sont grisonnants. Cette fois, on n'a pas pu visiter le nanendō (南円堂) et le hokuendō (北円堂) , c'était dommage. Pourtant, ce réveillon du jour de l'An était bien. Je souhaite que ces trois temples soient transmis à la postérité.